Adriaan Florensz - Adrien VI

Publié le par Socrates Philalethe

 

 

- Adriaan Florenszd’utrecht devient pape de 1522 à 1523 (le dernier pape non-italien) sous le nom d’ ADRIEN VI. D’origine modeste et orphelin de père, il est éduqué par les Frères de la Vie Commune. Avec humilité il gravit toute l’échelle des honneurs académiques (principalement à Louvain). En 1507, il est nommé précepteur du futur Charles Quint alors Archiduc d’Autriche, à Gand (Pays-Bas bourguinions) puis en Castille où Charles accède au trône en 1516. Adriaan est élevé inquisiteur puis cardinal, vice-roi durant les absences de Charles, mais il est détesté à la cour d’Espagne. Elu pape sans vraiment le vouloir, par consensus des différents clans et soutient de l’empereur, il est néanmoins détesté à Rome. Pour des raisons politiques, il ne marque pas plus son soutient à Charles Quint qu’aux rois de France et d’Angleterre. Mais surtout, il amène avec lui un style de vie pieux et austère qui contraste fortement avec les pratiques de ses prédécesseurs : il réduit ses serviteurs de 100 à 4, évite les banquets, récite l’office divin en pleine nuit et assiste à la messe à l’aube, interdit le port d’armes à Rome et en chasse les prostituées, il s’entoure de pauvres et de malades au lieu des poètes et des bouffons. Au sujet de Luther, il prône la répression de l’hérésie et l’interdit d’enseigner. Néanmoins il reconnaît le premier les sources de l’hérésie et de son succès dans les abus de la curie et dès son arrivée à Rome propose de commencer la réforme par Rome même, en s’attaquant vigoureusement aux abus comme la simonie. Cependant il manque de soutiens et ne fait rien pour se concilier les sympathies, même les cardinaux favorables à la réforme de la curie romaine se tournent contre lui : « Il manque d’égards pour le Sacré Collège ». par ailleurs il méprise le raffinement romain et distribue les chef d’œuvres de son palais en cadeau. Aux yeux de la noblesse romaine, des artistes et de l’intelligentsia en général, Adrien reste un ‘barbare inculte’, un 'buveur de bière'. Très rapidement, ce sera le déchaînement contre lui, d’autant plus qu’après avoir limogé les fonctionnaires corrompus de son administration, il s’entoure d’hommes nouveaux, étrangers à Rome et inexpérimentés. Personnellement intègre, il interdit aux membres de sa famille de venir à Rome pour y chercher près de lui faveurs et bénéfices. Sa tentative d’unifier la chrétienté contre les Turcs est un échec. Lorsque, après la chute de Rhodes en 1522 il tente d’imposer une trêve entre les nations chrétiennes (avec menace d’excommunication à la clé) pour faire face au péril turc, il provoque la colère de François Ier qui envahit la Lombardie forçant Adrien à chercher une alliance qu’il ne désirait pas avec les autres souverains. Ce qui frappe en Adrien VI c’est sa grande dignité et le sens du devoir. Il n’a pas souhaité être pape mais n’a pas songé à le refuser non plus. Un mois après son arrivée à Rome, une épidémie de peste s'y déclara. Très rapidement cardinaux, ambassadeurs et tous ceux qui le pouvaient quittèrent la ville. Adrien VI refusa de les suivre. Vers la fin de sa vie, il lui arrivait d’exprimer un regret à un ami : «Comme on serait mieux si j’étais encore paisiblement à Louvain !» Il mourut le 14 septembre 1523, dans l’indifférence, sinon l'hostilité, générale.

 

 

Publié dans XVIe Siècle

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