François Garasse (1585 - 1631)

Publié le par Socrates Philalethe

1623 - François Garasse publie "La Doctrine curieuse des beaux esprits de ce temps" , où il condamne la "secte des Rose-Croix et son secrétaire Michael Maier". L'année même de l'affaire des affiches, un ami de René Descartes, l'abbé Mersenne (1588-1648), philosophe et savant, s'oppose violemment au rosicrucianisme. Il publie "Questiones celeberrimæ in genesim…", où il réfute la philosophie hermétique et la kabbale de la Renaissance, ainsi que leursdiversreprésentants. Il s'en prend particulièrement au Rosicrucien anglais Robert Fludd.L'un des plus proches amis de Mersenne, le philosophe et mathématicien Pierre Gassendi, s'en prend aussi à Robert Fludd.

François Garasse, né à Angoulêmeen 1585 et mort à Poitiers le 19 juin1631, fut en son temps un jésuiteredouté de toute la sphère littéraire.

Son père qui était ligueur, conspira contre le duc d'Épernon, gouverneur d'Angoulême pour Henri III, et fut tué à la porte du château, comme il essayait d'y pénétrer. En 1601, Garasse entra dans la compagnie de Jésus : il sollicita et obtint de ses supérieurs la permission de se livrer à la prédication. Il mit toute son énergie à lutter contre l'hérésieet le libertinage. Sa propension à la calomnie effraya, dit-on, l'ordre des Jésuites même, et il fut démenti par nombre de ses pairs. Son éloquence virulente servit toutefois l'ordre lors de sa querelle avec l'Université de Paris, opposant l'allégeance romaine des Jésuites au gallicanisme de laSorbonne.

Toute la vie de l'abbé Garasse fut tendue vers la dénonciation et la persécution du libertinage - auxviie siècle, le mot libertinage qualifie avant tout libertinage de pensée, qui peut entraîner une certaine liberté d'action dans les faits.

Il s'implique dans la mise en accusation de Théophile de Viau, qui manqua à mener ce dernier au bûcher.

On le retrouve à l'origine du long conflit entre jésuites et jansénistes, Saint Cyran, en 1626, ayant attiré avec succès l'attention de la censure sur un de ses écrits.

Sommaire

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Anecdotes [modifier]

Un jour de controverse publique, Garasse traita l'un des partisans de l'Université de « sot par nature, sot par bécarre, sot par bémol, sot à la plus haute gamme, sot à double semelle, sot à double teinture, sot en cramoisi, sot en toutes sortes de sottises ! ». On dit que le jésuite sortit de cette tirade le visage écarlate de fureur.

Citations [modifier]

  • « J’appelle libertins nos ivrognets, moucherons de tavernes, esprit insensibles à la piété, qui n’ont d’autre Dieu que le ventre, qui sont enrôlés en cette maudite confrérie que s’appelle la Confrérie des Bouteilles. Il est vrai que ces gens ne croient aucunement en Dieu, haïssent les huguenots et toutes sortes d’hérésies, ont quelquefois des intervalles luisants, et quelque petite clarté qui leur fait voir le misérable état de leur âme ; craignent et appréhendent la mort, ne sont pas du tout abrutis dans le vice, s’imaginent qu’il y a un enfer, mais au reste ils vivent licencieusement, jettant la gourme comme jeunes poulains, jouissant du bénéfice de l’âge, s’imaginant que sur leurs vieux jours Dieu les recevra à miséricorde, et pour cela sont bien nommés quand on les appelle Libertins, c’est comme qui dirait apprentis de l’athéisme » (Extrait de La Doctrine curieuse des beaux esprits de ce temps, ou prétendus tels1623)
  • « Le jésuite Garasse, le jésuite Hardouin, et d’autres menteurs publics, trouvaient partout des athées ; mais le jésuite Garasse, le jésuite Hardouin, ne sont pas bons à imiter. » (Extrait d'une lettre de Voltaire au docteur Pansophe, avril 1766)

Œuvres [modifier]

  • Le Rabelais réformé par les ministres et nommément par Pierre du Moulin, ministre de Charenton, pour réponse aux bouffonneries insérées en son livre de la vocation des pasteurs (1620) - [Tel est le titre de l'ouvrage, les caractères gras désignant l'abréviation en usage pour désigner l'œuvre.]
  • La Doctrine curieuse des beaux esprits de ce temps, ou prétendus tels(1623-1624)
  • Histoire des jésuites de Paris pendant trois années (1624-1626)
  • La Somme théologique des vérités capitales de la religion chréti

Publié dans XVIIe Siècle

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