Kabbale

Publié le par Socrates Philalethe

 

Kabbale 

 

 

Le monde divin est le premier degré de l'être ; il est constitué par ce que les kabbalistes juifs appellent Ein-Soph(Infini), et par les dix sephiroth de l'arbre kabbalistique, hypostases engendrées par l'Infini. Le monde angélique est le deuxième degré de l'être ; il est gradué en dix degrés ou Intelligences : les Haioth, les Ophanim, les Aralim, les Hasmalim, les Séraphim, les Malachim, les Elohim, les Bene Helohim, les Cherubim, les Issim. Le monde céleste est le troisième degré de l'être ; il comprend - influencés par les Intelligences du monde angélique - dix degrés, qui sont dix sphères : Saturne ou Sabbathai, Jupiter ou Zedeq, Mars ou Madim, le Soleil ou Semes, Vénus ou Noga, Mercure ou Cocab, la Lune ou Iarcah, l'Âme intellectuelle, l'Âme des Esprits animaux. Enfin, le monde matériel, le macrocosme, avec l'homme (le microcosme) est le quatrième et dernier degré de l'être ; ce monde, influencé par le monde céleste, est celui des Éléments, il contient le microcosme.

Kabbale Chrétienne

Il écrivit dès 1494 le De Verbo mirifico (Du verbe admirable), un dialogue entre le philosophe épicurien Sidonius, le juif Baruchias et le chrétien Capnion. Les trois hommes discutent le seul mot qui puisse accomplir des miracles, le Verbe même. C'était, selon Reuchlin, le nom de Jésus orthographié en YHSWH. Pour Reuchlin, le nom de Jésus, traduit en hébreu, présente les cinq lettres du pentagramme YHSVH ou IHSUH : il équivaut aux quatre lettres du nom sacré de Yahvéh, tétragramme sacré. Trois étapes dans les Noms de Dieu se dessinent, selon Reuchlin : aux temps de la nature Dieu s'appelait par le trigramme Sadaï (SDI), aux temps de la Loi (sous Moïse) Dieu s'appelait par le tétragramme sacré prononcé Adonaï (ADNI), enfin, au temps de la grâce (sous Jésus), Dieu s'appelle par le pentagramme Jhesu (IHSVH). In natura SDI, in lege ADNI, in charitate IHSVH (Dans la nature SDI, dans la Loi ADNI, dans la charité IHSVH) (De verbo mirifico, folio g7). À cette époque, les connaissances de Reuchlin sur la Kabbale restaient encore incomplètes.

 Il définit la kabbale ainsi : "La cabale n'est rien d'autre (pour parler à la façon pythagoricienne) qu'une théologie symbolique où les lettres et les noms sont non seulement des choses, mais encore la réalité des choses". Le De arte cabbalistica (De l'art cabbalistique), en 1517, reste son oeuvre la plus célèbre. Elle avait comme but de faire découvrir à Charles Quint et au pape Clément VII les mystères de la kabbale. Elle se présente comme un dialogue entre Philolaus, musulman marrane et philosophe pythagoricien, et le kabbaliste Simon. elle reprend les thèmes de De Verbo mirifico. Mais il s'agit reste le premier exposé systématique d'un courant de pensée issu de la Kabbale. Pour cet ouvrage, il utilisa les œuvres classiques de Joseph ibn GikatiliaGinnat Egoz(Le Jardin des noix) et le Sha‘arey Orah (Les Portes de lumière), les textes les plus rares, restés manuscrits, de l'école de Gérone. En particulier, il signale les trois procédés de la science ou combinatoire des lettres : 1) lagematria (donner une valeur numérique à des mots et les identifier à d'autres mots de même valeur : echad, un = ahabah, amour = 13, car alef = 1, etc.), 2) le notorikon (ultiliser les lettres d'un mot comme initiales d'un autre mot : ADAM = Adam, David, Messie), 3) la temura (traduire un mot par un autre mot suivant un système de substitution : Sheshak = Bavel, Babylone).

 

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Pr S. Feye 25/02/2014 12:27

Je vous signale la parution récente de la traduction française du "De Verbo Mirifico" de Jean Reuchlin chez Beya-Éditions. "Le Verbe qui fait des Merveilles".

Pr Stéphane Feye
Schola Nova - Humanités Gréco-Latines et Artistiques
www.scholanova.be
www.concertschola.be
www.liberte-scolaire.com/.../schola-nova
http://online.wsj.com/news/articles/SB10001424052702303755504579207862529717146
http://www.rtbf.be/video/detail_jt-13h?id=1889832