L'Affaire des Fiches

Publié le par Socrates Philalethe

1904 - Affaire des fiches - Après l’institution des délégués chargés de surveiller les sentiments républicains des habitants des communes, le gouvernement de Émile Combes (docteur en théologie, ex-séminariste, anticlérical, initié en 1869 à la Loge Les Amis Réunis de Barbezieux) va se faire communiquer des fiches sur lesquelles est mentionné le zèle républicain des fonctionnaires, et des militaires en particulier.
C’est sur l’initiative du député de Béziers et haut dignitaire maçonnique, Louis Lafferre, que les loges sont sollicitées afin d’établir des fiches sur les officiers, et de les adresser au Ministre de la Guerre, le général André
Jaurès et Millerand protestent, mais Lafferre défend ses fiches et fait exclure Millerand du Grand Orient. 
Il existe 2 fichiers: l'un, nommé Carthage, comporte la liste des officiers douteux, suspects de cléricalisme, et l'autre, nommé Corinthe, celle de l'élite républicaine. On trouve en marge des fiches personnelles des annotations du genre: "assiste aux offices religieux", "s’est rendu à la communion de son fils", " va à la messe ", " met ses enfants à l’école libre " ou " a un frère jésuite ".
Le Grand Orient de France participe à l'élaboration des fichiers bien que de nombreux Frères refusent d'établir ces listes qui ne comportent pas moins de 20 000 noms.
Le scandale éclate lorsque Bidegain, secrétaire au Grand Orient, vend une copie des fichiers au Figaro qui les publie. 
Le député nationaliste Guyot de Villeneuve lit des fiches le 4 novembre à la Chambre ; le monarchiste Syveton gifle alors le ministre de la guerre qui démissionne le 15.
 Syveton est découvert mort asphyxié à son domicile le 4 décembre (suicide suite à une affaire de mœurs) et on s'empresse d'en faire porter la responsabilité aux francs-maçons. 
Trente-cinq députés maçons se désolidarisent du ministère Combes qui tombe le 19 janvier 1905.

Publié dans XIXe Siècle

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