L'atelier de Jean Théodore de Bry - Mathieu Mérian

Publié le par Socrates Philalethe

 

Le cortège part pour Heildelberg, acceuilli par un obélisque d’argent et l’arc de triomphe d’Oppenheim dessiné par Jean Theodor de Bry, (avec les roses de York/Lancaster) où la foule peut assister à un défilé mythologique où Frédéric V est grimmé en Jason, en référence à son appartenance à l’Ordre de la Toison d’Or. Les officiels français, hollandais et vénitiens sont présents, la famille Arundel et Harrington accompagnent le couple divinisé dans les représentations théatrales.

Les Artistes - Salomon de Caus - Intîme d’Inigo Jones, cet architecte et jardinier célèbre passionné de Vitruve entre au service d’Henri de Galles, puis de Frédéric V pour lequel il réalise les Jardins mystérieux d’Heildelberg aux scènes mythologiques (Parnasse, Muses, Midas, Memnon), pour lesquels il fait sauter une partie de la falaise et réalise des statues sonores à vapeur pour créer un « repère de bruits semblable à l’île de Prospéro ». Ses œuvres sont publiée par De Bry. Il publie Les raisons des forces mouvantes en 1615

Inigo Jones - Protégé du compte d’Arundel ils voyagèrent en Italie, où il a pu admirer les jardins magiques de Bomarzo.

Jean Theodore de Bry - Outre la réalisation des plans de l’arc de triomphe qui accueille le couple palatin à Oppenheim, ses presses édite un nombre considérable de gravures à contenu hermétique entre 1613-19qui contiennent des éléments symboliques proprement rosicruciens et palatins (les jardins d’Heildelberg d’Inigo Jones).

Mathieu Merian - Disciple et gendre de Jean Theodore de Bry, qui dessine les gravures des ouvrages de Fludd et Meier imprimés au Palatinat.

Heildelberg Selon l'historienne Frances Yates, le palais de Frédéric était le centre du Rosicrucianisme naissant. Ce haut lieu de la culture possédait des jardins richement agrémentés de grottes, de “statues parlantes” et d'automates conçus par Salomon de Caus.

 

Jean Théodore de Bry (Strasbourg 1561, Francfort-sur-le-Main le 31 janvier 1623), est un graveur sur cuivre et éditeur.

Biographie [modifier]

En 1609, Jean-Théodore de Bry s'installe à Oppenheim où il est cité comme « Buchhändler zu Oppenheim ». Son frère Jean Israël reste à Francfort, où il meurt peu après. En décembre 1609 son beau-fils, Lucas Jennis, qui avait appris à graver chez de Bry, déménage également à Oppenheim, à l'âge de 19 ans.

 

 

 

 

Matthäus Merian der Ältere (Matthäus Merian, l'ancien) (né le 22 septembre 1593 à Bâle, mort le 19 juin 1650 à Bad Schwalbach) était un graveur sur cuivre et éditeur germano-suisse.

Matthäus Merian est né le 22 septembre 1593 à Bâle, fils de Walther Merian. Après ses études au lycée, il apprit le dessin, la gravure sur cuivre et la gravure à l’eau-forte à Zurich auprès du graveur sur cuivre Friedrich Meyer. De 1610 à 1615, il étudia et travailla à Strasbourg (chez Dietrich Brentel), à Nancy et à Paris (chez Jacques Callot). En 1615, il réalisa à Bâle son grand plan de la ville de Bâle.

Après des séjours à Augsbourg et Stuttgart (Allemagne) ainsi qu’aux Pays Bas, Merian s’installa à Francfort-sur-le-Main et à Oppenheim (Allemagne), où il travailla pour l’éditeur et le graveur sur cuivre Johann Theodor de Bry. De Bry possédait un atelier de gravure à Oppenheim et une maison d’édition à Francfort qui préparait alors de grands ouvrages de voyages en extrême-orient. En 1617, il épousa la fille de son employeur, Maria Magdalena de Bry, s’installa en 1616 à Bâle, où il acquit le droit de corporation qui lui permit de devenir indépendant. Après la mort de son beau-père en 1623, il reprit la direction de sa maison d’édition à Francfort. Il acquit le droit de citoyen de Francfort en 1626 et put dès lors travailler comme éditeur indépendant. En 1627, il accepta comme apprenti Wenzel Hollar, qui allait également devenir un célèbre graveur.

Après le décès de son épouse en 1645, Merian épousa Johanna Sibylla Heim en 1646. Sa première épouse lui donna deux filles et trois fils dont Matthäus Merian le Jeune et Caspar Merian qui travaillèrent tous les deux dans son atelier. Son deuxième mariage lui apporta une fille, Anna Maria Sibylla Merian, qui devint peintre de fleurs et d’insectes. Matthäus Merian mourut des suites d’une longue maladie le 19 juin 1650 à Bad Schwalbach près de Wiesbaden. Il repose au Peterskirchhof près de Francfort.

Son grand intérêt pour les questions de religion et l’énergie qu’il puisait dans son rapport personnel à Dieu sont moins connus que son activité d’éditeur. L’expérience personnelle et émotionnelle à travers l’esprit de Dieu l’intéressait plus que l’église, la Bible et les sacrements. En 1637, il écrivit : "Le simple mortel ne peut comprendre l’esprit de Dieu, il le considère comme une folie et une grande hérésie, et fut-il le plus grand savant, eut-il enseigné dans toutes les écoles du monde, connût-il par cœur tous les livres y compris la Bible que cela ne suffirait et ne servirait pas à son bonheur, le Saint Esprit lui-même ne pouvant atteindre le plus profond de l’âme." C’est dans cet esprit que Merian conçut son blason et son sceau d’éditeur, dans lequel il inscrit la devise Pietas contenta lucratur avec, comme animal héraldique, une cigogne.

L'œuvre de Merian fut une source d'inspiration directe pour le Suecia Antiqua et Hodierna de Erik Dahlberg et pour divers travaux de Rembrandt[1]. Le magazine allemand de voyages "Merian" lui doit son nom.

Œuvre

Parmi son œuvre artistique, il est important de mentionner en particulier les travaux suivants :

        les plus de 250 petits formats de paysages de la région de Bâle (1620-1625) ;

        une Bible illustrée de 159 pages, ancien et nouveau Testament, avec 78 gravures sur cuivre et des textes courts (versets), en latin, allemand et partiellement en français, (Francfort 1627) ;

        le grand plan à vue d’oiseau de Francfort sur le Main en 4 plaques (1628, plusieurs tirages retravaillés jusqu’en 1771) ;

        les illustrations pour la Bible allemande traduite par Martin Luther (de 1545) ; les gravures sur cuivre réalisées personnellement par Merian furent insérées de manière continue dans le texte biblique ; c’est pourquoi on appelle cette Bible également Bible de Merian (1625-1630), imprimée chez Lazare Zetzner à Strasbourg ;

        la Historische Chronik (Chronique historique) avec les textes de Johann Ludwig Gottfried (1629-1632) ;

        l’oeuvre en plusieurs volume Theatrum Europaeum (1629-1650, poursuivie par ses héritiers) sur la topographie européenne et les événements politiques et militaires pendant la Guerre de Trente Ans ;

        la description de tous les royaumes de la terre sous le titre de Archontologica cosmica avec les textes de J. L. Gotfried (1638) ;

        la Totentanz von Basel (Danse de la mort de Bâle) (1644) ;

        la Topographia Germaniae, son œuvre maîtresse (à partir de 1642), dont les textes ont été écrits par Martin Zeiler (1589-1661), géographe allemand. La Topographia Germaniae parut initialement, de 1642 à 1654, en 16 volumes. Après sa mort, son fils Matthäus Merian le Jeune reprit son œuvre et ajouta d’autres volumes jusqu’en 1688 avec la description d’autres lieux en Europe, en particulier la France, l’Italie et la Crête. L’œuvre complète comptait finalement 92 cartes et 1486 gravures sur cuivre avec 2142 vues de villes, bourgs, localités, châteaux, et cloîtres répartis sur 30 volumes. Elle comprend également de nombreux plans de ville et cartes ainsi qu’une mappemonde. La Topographia constituait ainsi la plus grande œuvre de publication de son temps. Les vues reproduites de façon très juste par Merian sont exemplaires au niveau de la perspective et elles constituent souvent les documents fiables les plus anciens sous forme de gravure sur cuivre et eaux-fortes des lieux en question.

        Merian reprit et compléta également les dernières parties et éditions des Grands et Petits Voyages ou Collectiones peregrinationum in Indiam orientalem et Indiam occîdenlalem, entamés en 1590 par de Theodor de Bry, père de Johann Theodor de Bry.

héodore de BRY (Liège, vers 1527 - Francfort, 1598)
et ses fils
Jean-Théodore de Bry (Strasbourg, 1561 - Bad Schwalbach, 1623)
Jean-Israël de Bry (Strasbourg, 1565 - Francfort, 1609)

Théodore de Bry
Portraits - Les Grands Voyages - Emblemata Saecularia

 

 

Autoportrait de Théodore de Bry , 1597 (détail)

 

Théodore de Bry, un Liégeois émigré à Francfort

La famille de Bry a des racines anciennes en ce qui concerne l'orfèvrerie. Les de Bry s'implantent dans la Principauté de Liége avec Thiry de Bry "le vieux", le grand-père de Théodore.

Théodore de Bry est né à Liège en 1528. Son premier professeur a très probablement été son propre père, l'orfèvre Thiry de Bry "le jeune".

Les raisons qui le poussent à quitter Liège pour Strasbourg sont assez controversées. Les auteurs les plus anciens mettent en avant son appartenance à la religion réformée. Selon eux, il aurait été convaincu d'hérésie, dépouillé de tous ses biens et banni de la ville en 1570. Actuellement, la tendance serait plutôt de considérer qu'il était déjà installé à Strasbourg en 1560, donc bien avant un improbable bannissement. Strasbourg est alors une ville prospère, acquise à la Réforme et qui va obtenir une importante renommée artistique en accueillant de nombreux artistes fuyant les persécutions religieuses. Ces émigrants ont fait de Strasbourg une ville florissante notamment dans les domaines de l1orfèvrerie et de la gravure. C'est dans cette ville que Théodore fonde son foyer. Inscrit sous le nom de Dieterich Brey, il épouse à Strasbourg Catherine Esslinger. Théodore de Bry est le père de trois fils : Jean-Théodore (Strasbourg, 1561), Jean-Israël (Strasbourg, 1565) et Jean-Jacques (1566). En 1570, après le décès de son épouse Catherine Esslinger, Théodore de Bry épouse, le 28 février 1570, à Francfort, Catherine Rötlinger, fille de l'orfèvre Hans Rötlinger.

Théodore séjourne à Londres entre 1587 et 1588,.avant de s'installer définitivement à Francfort. Le 29 octobre 1588, il demande à devenir bourgeois de Francfort : il est admis le 9 février 1591. En avril de la même année, à la suite d'un double héritage (belle-mère et beau-frère), Théodore de Bry achète une maison à Francfort. En 1594, ses deux fils partent travailler a ses cotés dans l'officine de gravure et d'édition d'ouvrages précieux qu'il avait fondé à Francfort.

Théodore de Bry meurt à Francfort, le 27 mars 1598, à l'âge de 70 ans.

Jean-Israël meurt à Francfort en 1609.

En 1609, Jean-Théodore de Bry s'installe à Oppenheim. En 1618, une de ses filles épouse Mathaus Merian le Vieux. Jean-Théodore de Bry meurt en 1623 à Bad Schwalbach.

 

Graveur, libraire et éditeur

A Liège, parallèlement à l'épanouissement des idées et de l'art de la Renaissance, le XVIe siècle est marqué par l'implantation des idées de la Réforme dans nos régions. La Principauté de Liège ne fait pas exception, même si à l'époque elle affichait plutôt une tolérance toute relative à l'égard de la religion réformée. La confiscation des biens n'a plus lieu depuis 1545 et les exécutions sont réduites, mais malgré tout, l'exil est encore la sanction la plus employée contre les protestants. On assiste donc, à l'époque, à une importante migration continue de la population protestante, de nos régions vers les villes acquises à la Réforme.

La Réforme est très probablement un des facteurs qui a le plus compté dans le développement et l'expansion de l'art de la gravure. Non seulement, la gravure répond à une quête de savoir de la part de l'élite humaniste, mais en plus c'est un outil de propagande et de diffusion de l'information dont l'église réformée s'est abondamment servie. A l'époque, dans la Principauté de Liège, il n'y a pas encore de véritable structure dans le domaine de la la gravure et de l'édition. Néanmoins, l'influence de l'Académie de Lambert Lombard s'est particulièrement fait sentir sur la nouvelle génération de graveurs, ainsi que sur l'épanouissement et l'application des principes artistiques de la Renaissance italienne dans la Principauté de Liège.

D'abord graveur, Théodore de Bry devient, après son installation à Francfort en 1570, libraire et éditeur. Associé à ses fils Jean-Théodore et Jean-Israël, Théodore de Bry publie à Francfort de nombreux ouvrages illustrés : recueils de modèles gravés pour orfèvres, emblèmes, alphabets ornés, description des grands voyages de découvertes en Amérique, des fleurs, des portraits d'hommes illustres.

De cette abondante production, la série des Grands Voyages est sans conteste la plus célèbre.

 

Les de Bry ont gravé d'après

 

Publié dans XVe Siècle

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