Le Picatrix

Publié le par Socrates Philalethe

 

 

 Picatrix


Une des grandes polémiques autour de ce livre est qu'il n'existe aucune certitude quant à la date de la version originale, 1256 : date d'édition originale ou latine ?, au nom de l'auteur : Picatrix ou Ghâyat Al-Hakim ?, de la provenance des rituels : recueil de connaissances d'anciens atlantes, connaissance supérieure ?...
Mais quoi qu'il en soit, c'est un des plus grands grimoire de sorcellerie et peut-être même le plus complet. Il comporte des formules "banales" telles que l'on en trouve dans des livres comme "Le Grand et petit Albert" mais possède en plus des sorts tels que : "Comment détruire une cité avec le Rayon du Silence", comment influencer les hommes à distance, fabriquer des machines volantes.... Astrologie, invocations sont aussi présentes dans ce livre.
Il existe une version latine de ce livre à la bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris, version non pas en latin dit "scolaire" mais en latin vulgaire parlé, ainsi qu'une version en ancien français. La version latine contient elle des une reproductions de passages "originaux" (N° 8QB SUP 6894 Rés, de D. Pingree).
La date supposée de la version originale est inacceptable par tout historien ayant quelques notions sur l'histoire de la sorcellerie. En effet la majeure partie des grimoires connus est datée d'environ 1500-1600 pour les plus anciens : il daterait lui de 1256 !
Il connut un très grand succès jusqu'au XVIIIème siècle, puis peu à peu tomba dans l'oubli.

 


Il aurait été écrit dans la langue arabe à la base, puis aurait été traduit en latin.
H.P. Lovecraft dont un des parents aurait eu en sa possession une version du Picatrix, s'en serait inspiré pour construire son Necronomicon. En effet de nombreux points communs quant à l'origine des deux livres correspondent.
A partir de la version latine je vais ici retranscrire quelques passages de ce livre ainsi que des dessins originaux.
Le but n'étant pas ici de révéler des rites anciens et dangereux mais de faire figurer quelques exemples significatifs.

Merci d'avoir répondu si nombreux à l'appel fait sur cette page quant à l'aide pour la traduction. Grâce au travail d'Oz je peux à présent vous mettre de plus amples exemples concernant les formules de cet ouvrage. Merci à toi Oz. Pour toute information, ou félicitation :), sur les traductions vous pouvez vous adresser à Oz.

 

Immunité contre les piqûres de guêpe :

 

"Quiconque recueille des feuilles de mauve qu'il aura incorporé, bien pillées à de l'huile d'olive, et dont il s'enduit les mains et le corps, s'il met ses mains parmi les abeilles ou parmi les guêpes, elles ne le piqueront pas, il ne subira aucun dommage, il ne lui sera fait aucun mal."

Pour enlever la tristesse :

 

"Pour enlever la tristesse. Prends des pois chiches que tu places à la lumière de la lune et mets-les à la lumière grandissante de l'astre. Reste devant le levé du Soleil et enduis-les d'huile d'olive, plonge-les dans l'eau pour les ramollir durant deux heures. Ensuite fais-les cuire. La personne à laquelle tu en auras donné une partie à manger n'éprouvera plus ni marques de tristesse, ni mauvaises dispositions, ni mauvaises pensées, ni toutes sortes de mélancolies, et son coeur vertueux se réjouira grandement, il se félicitera et il sera pour tout plein d'entrain."

Grands Principes de la Nigromancie.


Les Indiens faisaient une autre préparation avec laquelle ils se livraient à de grands travaux de Nigromancie, dont tel est le déroulement.
Ils recueillaient en effet une truie, et l'enfermaient dans une maison vide. Dans une pièce de cette maison ils l'attachaient fortement à des barreaux de fer de sorte qu'elle ne pût en sortir. Et dans cette maison ils plaçaient à côté de cette truie un porc attaché de la même manière. Ainsi attachés ils restèrent là pendant vingt-quatre jours. Cette période correspondait au moment où le Soleil entrait dans le premier grade du Capricorne. Ils leur donnaient chaque jour de la mie de pain trempée dans du lait pour toute nourriture, de la quantité qu'il voulaient manger. A la fin de ces vingt-quatre jours ils étaient pris du plus grand désir de s'accoupler et ce avec grande agitation, à telle point que le mâle projetait une grande quantité de sperme, qui avait l'aspect du sang coagulé. Et ces Indiens recouraient à des fines ruses qui leur permettaient de recueillir le sperme dont il a été fait mention précédemment ; ils le laissaient ensuite reposer dans un vase de plomb dont ils bouchaient l'orifice.

Puis il le laissait se putréfier pendant vingt-quatre jours.
A la fin de ces jours, ils s'en éloignaient et ils ouvraient le vase dont il a été question, après l'avoir mis à refroidir, et ils trouvaient là un nouvel animal qui s'agitait. Ils le nourrissaient trois jours durant avec des noix et du lait comme nous l'avons dit plus haut pour le porc. Au bout de trois jours, ils le tuaient dans l'huile avec laquelle ils se livraient à de grandes et merveilleuses actions de Nigromancie.
En donnant cette composition avec de la nourriture, on peut accéder à la lumière et en enduisant les visages et les corps avec la même chose, on est capable de beaucoup d'autres miracles qui ne sont pas dignes d'être rapportés. Demandons à celui qui s'adonne aux prédictions et qui possède de grands secrets, qu'ils les révèlent à nous autres.

Venin Mortel :


Receuillir des scorpions que l'on séchera, de l'oignon, du pavot noir et de la coloquinte en parts égales.
Mettre le tout ensemble et broyer en une pâte homogène.
Séparer cette mixture en quatre parts égales : il faut utiliser trois de ces quatre parts pour détruire la personne en question. Lui faire ingérer ce mélange.

Pour rendre l'audition :


Receuillir de la Mandragore, un sexe de boeuf, un sexe de bouc, tout cela en quantités égales. Mettre le tout dans un récipient et réduire le tout en poudre, puis une fois réduit en poudre, laissez pourrir quelques jours. Puis mettre ce mélange dans la nourriture de la personne 3 Appliquer ensuite sur l'oreille de l'infirme et il sera libéré.

Le livre ne se contente pas de donner des formules dignes du "Grand Albert" : il utilise aussi beaucoup l'astrologie pour tous types de rituels :

Représentation du signe astrologique du Lion.


La vingt-et-unième maison est Albelda, elle sert à la destruction. Lorsque la lune arrive dans cette maison, faire l'image de l'homme en question, une qui représente la partie basse du corps, l'autre sa partie haute. Brûler du soufre et encenser, puis dire : "Tu, Bectue, evacua locum talis, et destrue eum". Après, prendre les images et les jeter dans le soufre et l'encens. On utilise le nom de Bectue à titre d'exemple : adapter le nom selon la domination de la maison au moment du rite.
Le livre relate de nombreux objectifs, tout ce que l'on peux imaginer est inscrit dans ce livre, détruire, aimer, manipuler, voler... La contre partie ? La traduction, le latin est très ancien et très difficile à traduire, il existe bien une version en ancien français mais elle est tirée du latin et ont été "censurés" de nombreux passages de la version latine : manque de temps ou de connaissance ?

 

> Picatrix : est un traité de magie médiéval.

Il s'agit à l'origine d'un traité arabe Ghâyat al-hakîm (« Le but du sage ») composé dans l'Al-Andalus au milieu du XIe siècle. Après sa conquête sur les musulmans par Alphonse VI de Castille en 1085, Tolède devient un centre de traduction très réputé, et un lieu de rencontres entre les savants juifs, musulmans et chrétiens. Le Ghâyat al-hakîm est traduit castillan (version dont il ne reste que des bribes) puis en latin sous Alphonse X le savant, à la fin des années 1250. La traduction l'attribue au mathématicien alchimiste et astronome Maslama al-Mayriti (~950-1008), dont le latin Picatrix, possible déformation du castillan Picatriz serait la traduction du surnom Maslama.

La version arabe fut découverte vers 1920 par l'orientaliste et bibliothécaire Wilhelm Printz, et traduite en allemand par Helmut Ritter en 1933[1].

C'est un ouvrage de compilation. "Les sources de cet assemblage sont multiples : opuscules magiques, astrologiques et hermétiques élaborés au Proche-Orient à partrir du IXe s., textes sabéens, hermétiques, ismaéliens... Le texte se présente comme une juxtaposition de recettes de magie astrale et spirituelle et de passage théoriques plus ou moins inspirés par des spéculations néo-platonisantes. Le Picatrix commence par définir la nigromancia comme ce qui se dit 'de toutes les choses qui sont cachées à l'appréhension et dont la majorité des hommes ne comprennent pas comment elles se font ni de quelles causes elles proviennent'. Cette science est divisée en trois parties : dans la première, pratique, les 'opérations se font de l'esprit sur l'esprit' ; la deuxième, la fabrication des images (talismans) consiste à appliquer 'un esprit dans un corps' ; la troisième, enfin, l'alchimie, est l'application d' 'un corps dans un corps'. Le pouvoir de l'image fabriquée provient au moins en partie de la conjonction de la vertu terrestre et de la vertu astrale. Mais le Picatrix accorde aussi une grande place à l'intervention des esprits planétaires" [2

 

Le Secretum secretorum, Secret des secrets, dit aussi Lettre à Alexandre, est un traité pseudo-aristotélicien médiéval, concernant l'occultisme, mais aussi la politique. Sous une forme qui tient de l'encyclopédie et du miroir des princes, il traite de sujets hétéroclites comme la politique, la morale, la physiognomonie, l'astrologie, l'alchimie, la médecine et les propriétés magiques des plantes, des pierres et des nombres. Il eut une importante influence en Europe pendant le haut Moyen-Âge. Selon Jeremiah Genest, ce livre est « the most popular book in the Middle Age, an encyclopedic reference work ».[1

 

Une partie du Secret des secrets (Secretum secretorum) s'appelle Du régime de santé (De regimine sanitatis, autrement dit hygiène de vie). Le plan de la version la plus courante (version C) est le suivant :

 

Table des matières.

Premier prologue traitant des rapports entre Aristote et Alexandre et de la composition du traité, suivi des deux lettres échangées par le Stagirite et le conquérant après sa conquête de la Perse.

Prologue de Yahyâ ibn al-Batrik, prétendu traducteur, rappelant les circonstances de la découverte du livre et les étapes de sa traduction.

Chapitres de morale.

Chapitres d’hygiène.

Extraits des chapitres sur la justice.

Extraits des chapitres sur le gouvernement.

Physiognomonie.

Le livre se présente - de façon fausse, pseudépigraphique - comme une lettre d'Aristote à Alexandre le Grand, qui fut son disciple en Macédoine de 343 à 341 av. J.-C., et qui vient de vaincre Darius III.

 

En réalité, le Secret des secrets est traduit d'un texte arabe du Xe siècle le Kitâb sirr al-'asrâr. Certains historiens, dont J. Ruska (Al-Razi's Buch Geheimnis der Geheimnisse, 1937, rééd. 1973) lui donnent pour auteur Abû Bakr al-Râzî (865-925). D'autres ont proposé Yuhannâ ibn al-Bitrîq, vers 941.

 

Il se diffuse en Europe en deux traductions latines, une brève, une longue. La version brève en vers 1145 par Jean de Séville (Johannes Hispalensis), De Regimine sanitatis ou Epistula Alexandro de dieta servanda, La version longue vers 1220 par Philippe de Tripoli (identifié par Haskins à un Philippe chanoine de Tripoli, cité dans les registres de Grégoire IX et Innocent IV[2]

 

Le Secretum secretoruma été traduit dans de nombreuses langues vernaculaires. C'est cette dernière qui est principalement diffusée, notamment au XVe siècle. Le texte est plus ou moins modifié au cours des traductions successives. Pierre d'Abernon vers 1287 en fait une version versifiée et largement remaniée.

 

Il est commenté par Albert le Grand et Roger Bacon, et inspire des traité encyclopédiques comme le Placides et Timeo ou le Livre de Sidrac.

  

Publié dans Moyen-Age

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