La Rose-Croix et la Révolution Scientifique

Publié le par Socrates Philalethe

 

La Rose-Croix et la Révolution Scientifique

 

« On a voulu voir également du rosicrucisme chez Leibniz et chez bien d’autres ; jeu stérile, puisque au XVIIesiècle l’ésotérisme moniste est de toute manière la philosophie de presque tous les gens qui pensent. » 

— Antoine Faivre

Le début de la guerre de Trente Ans, amorcée par la bataille de la Montagne Blanche (1620), marque la fin de l'efflorescence rosicrucienne en Allemagne. Cependant, les écrits rosicruciens avaient été diffusés en Europe, et plusieurs philosophes furent sensibles à leur message.

 

Afin d'accréditer l'existence et l'influence de la fraternité, les auteurs rosicruciens ont souvent mis en avant les relations que des personnalités illustres, notamment Descartes, Leibniz et Comenius, mais aussi Spinoza ou Newton, auraient eu avec la Rose-Croix. Ces relations iraient parfois jusqu'à l'appartenance effective à l'ordre. Leurs contradicteurs objectent que les éléments historiques disponibles relèvent de l'anecdote tant pour la vie et l'œuvre de ces personnages que pour l'histoire du rosicrucisme. Ces éléments font d'eux des hommes de leur temps plutôt que des membres de la Rose-Croix ou même de la mouvance rosicrucienne



Hermétisme, Kabbale et Science

Divination licite (du marin, du farmier) et illicite (du mage)

Nicolas de Cues use également de concepts d'inspiration hermétique : 

« Hermès a dit que l’homme est un second dieu. De même que dieu est le créateur des êtres réels et des formes naturelles, l’homme est celui des êtres rationnels et des formes artificielles, qui ne sont pas autre chose que les similitude de son intellect  comme les créatures de dieu sont les similitudes de l’intellect divin ».

Ce thème est d'inspiration néoplationicienne et hermétique mais l'interprétation qu'en fait De Cues donne une grande liberté de création à l'homme : l’homme « mesure son intellect par l’intermédiaire de la puissance de ses œuvres et à partir de cela mesure l’intellect divin », ce dernier étant a priori infini : il n’y a pas de modèle ou de recettes magiques dans la connaissance, mais la recherche par l'imagination créatrice des lois de la nature.

 

Selon Frances Yates, la nouvelle économie de la connaissance dans la Renaissance prend racine dans le Néo-Platonisme (thèse finalement assez répandue) mais sous sa forme Hermétique et Kabbalistique – des cercles et descendants de Marcile Ficin. Selon elle, il n’appartient qu’à la gnose hermétique de voir le monde « comme un réseau de forces magiques sur lesquelles opérer (gure du Mage), et d’apporter l’origine de la science moderne. 

Or, de fait, elle oublie la question épistémologique qui resort de la méthode scientifique, alors naissante, et freinée justement par la vision hermétique, qui est une forme d’extrémisme platonicien.  Comme le dit Hélène Védrine (Philosophie et magie à la Renaissance) à la renaissance « tout se passe comme si, au moment ou l’ancien système va s’écrouler, il fonctionne à la fois sous une forme surdéterminée et fissurée »

L’hypothèse la plus vraisemblable à mon sens est que ce sont justement les aritotéliciens (bien conscient du rôle de leur philosophie –esclavagiste, despotique, usuraire- pour maintenir la féodalité et surtout le peuple dans l’ignorance) qui ont répandu cette forme pervertie d’un platonisme fantasmée, qui, mélangeant bible, paganisme, idéalisme mystique, ne pouvait que fonctionner. La circulation des idées platoniciennes, qui met fortement l'accent sur l'hypothèse (les idées) et l'activité du philosophe dans sa démarche de connaissance, est en effet un seuil épistémologique nécessaire à l'évolution vers la pensée scientifique.

Si les activités R+C ne ressortent que du Lubris, du jeu, peut-être de la moquerie, comme l’explique Andreae c’est une position toute Aristotélicienne et peu commune chez des Platoniciens,

Asclépius : présente des prêtres opérations magiques et les fameuses statues animées – concédons que cette idée ait réellement pus influencer la création d’automateset montres,ais certes pas à l’aide d’opérations magique, plutôt par le calcul mathématique. Si ces statues ont réellement éxistée, gageons qu’elles n’aient été qu’un tour d’illusioniste pour faciner la foule… Si certains ont été inspirée par le rôle d’opérateur donné à l’homme –mais en fait, au prêtre- tel Leibniz (conquête du bonheur), ce n’est certes pas l’idée de Ficin et Cosme…

John Dee epliqua qu’il aait résé un scarabée mécanique « par magie », seraît-ce pour mieux accréditer l

Léonard de Vinci appliquait une méthode expérimentale qui ne reniait pas, contrairement à la méthode de Bacon, l’usage des modèles mathématiques et des constructions théoriques – il ne versait pas non plus dans le dogmatisme scientifique hermétique, encore moins dans la scolastique aistotélicienne. Yates veut absolument le ranger, lui et Copernic, dans la « tradition hermétique » sans bien définir ce qu’elle entend par là. Si Léonard, dans son travail, cite Hermès, se sent en contact avec le Divin, à manier des Forces Divines (figure du Mage), une conception proche de l’anima mundi, c’est de toute façon la perception du monde qu’on pratiquement tout les hommes qui pensent à l’époque (sauf peut être quelques uns…). Cela ne fait pas de lui un « homme divin » comme le soutient un commentateur de l’époque, Vasari, et sur lequel insiste Garin et Yates !

Quand Pic évoque l’homme glorieux créateur, ce n’est que pour l’inciter à travailer aux cornues et aux nombres kabbalistique… Discours sur la dignité de l’homme – Pic est vu comme un champion de l’humanisme ???? les 900 conclusions. Pic est peut etre un gentil ?

Agrippa présente les différentes catégories de magie.

La tentative pour voir dans l’hermétisme renaissant la naissance de la science moderne ET de l’humanisme est finalement la doxa présente ans la maçonnerie, quant on y réfléchit, on la puissance dans symbole est censée élevée l’âme du novice – ont l

Ne s’agit il pas plutot d’une externalisation désespérée de nos « aristotéliciens » pour freinée l’essor scientifique voir tenter de renforcer le pouvoir d’une éventuelle « autre église » invisible celle là ?

Tous insistent sur le maniement des « sympathies naturelles ». Il manque à ce jour une études des « correspondances » réllement efficace, mais chacun y reconnaitra la base de la symbolique. Plus que sur de l’analogie véritable, le syème des correspondances fonctionne sur des métaphores fermées au non-initié (structure gnostique).

Je vois dans l’interprétation magique de la mécanique qui tente de percer alors la même notion holistique qui prétend que tout est unie par des smpathies occultes, et prétendant en connaître le secret.

Quand Copernic présenta son diagramme, peu après surgit un type, qui semble-t-il, a voulu tenter de lancer une religion sorte de Sol Invictus , c’est Giordano Bruno, qui fut pour cela brûlé. Récupérer Copernic pour l’associer à Ficin

1589, Venise, Hebdomades, de Fabio Paolini rapproche les automates de Heron avec ceux d’Hermès, ce n’est pas pour induire la réalisation d’automates par maths, mais par magie démonique ! (à savoir les matériaux des statues sont chargés d’âmes de « démons » - cf Full Metal Alchemist) A cette époque, de nombreux savants travaille la mécanique et bientôt vont naître les horloges…Invention que Paolini explique réalisée parl’introduction de l’ »ame du monde » dans la mécanique.

La théorie de la Magie se fond avec  cosmologie, estrologie, théologie et éléments idéalistiques néo-platonicien.

Avec la Kabbale des nombres (Pic, mais surtout Dee) n’assiste t-ton pas à la tentative de poser une nouvelle scolastique mathématique ? Pic affirme sur un ton péremtptoire que l’on peut tout connaître par les nombres (IIe conclusion). Il s'agit de figer les mathématique en une axiomatique infaillible.

Il est probable que la prétention de réaliser des Miracles (Théurgie, etc…) ait finalement conduit à une plus grande rigueur et méfiance de la pensée collective de la pette communauté scientifique de l’époque. Finalement, ce à quoi les « mages » de l’après-ficin ont peut être vraiment contribué à défaut de l’essor de la pensée rationnelle et scientifique, ce seraît la renaissance involontaire d’une agora internationale (ce à quoi il faut bien sûr ajouter de nombreux autres facteurs, paix, routes etc…) vivifiée par cette question – déjà en débat houleux avec les propositions de Dante, De Cues… - Mais, plus encore et par là, dans la pensée de l‘époque, à la nécessité de fournir une Preuve à cette Agora. C’est au niveau épistémologique, l’émergeance de la Vérification.

Selon Yates, Zorzi est un discple direct de Ficin > Lien avec les franciscains  Yates parle d’une phase Vénitienne avec celle de Florence.

Elle oublie Nicolas de Cusa Selon moi Yates (Institut Warburg) est une historienne malhonnête ou bien réellement candide, voire stupide.

De même, il est plus que troublant de constater que sur le sujet de l’Hermétisme, seul des hagiographie sont écrite publiées. R+C : Yates nous le dit (SetTH, Allia, p24) : la question de la société secrète, et d’une supposée cabale ne l’intéresse pas ! C’est au contraire l’esprit rosicrucien qu’elle met en valeur, lui attribuant les progrès de la science ! La question de l’alchimie opérative est entièrement absente également. Proner l’Alchimie et l’étude des manuscrit hermétique, c’est pourtant littéralement pousser à la folie ! Et nos porter sur les choses du monde un regard honnète.      

 

 

 

 

 

 


      Francis Bacon

       Sarpi was introduced by a circle around Wooten to Francis Bacon, who corresponded with him. Bacon picked up Sarpi's writing on method from Sarpi's Arte del Ben Pensare, where he insists that the only way an individual can know anything is through the senses. With this, modern empiricism is launched, which later becomes the radical nominalism of David Hume.

> Surnommé "le héro du Nouvel Age", auteur de "La Nouvelle Atlantis",  considéré comme le pére de la Rose Croix à travers "le Collège Invisible de la R+C". Est unaniment remarquée son influence sur la fondation des USA comme "Nouvelle Atlantis".

> Fondateur de société littéraire, s'emploie à formaliser la langue anglaise.  Aurait été lui et sa "Société du Heaume à l'origine véritable des écrits de SHAKESPEAR (référence à la lance d'ATHENA).

- cf. Mark TWAIN

Sa Demonologyde 1597 réclame la peine de mort pour les sorciers mais demande d’examiner soigneusement les cas. En 1604, il adresse à Jacques Ier une supplique pour le laver des charges de conjuration démoniaque qui l’accablent.

Son fameux Advencement of Learning de 1605 est dédié à Jacques Ier. Dans ce livre où certains voient encore (à tort) les prémisses de la méthode scientifique, il fait l’apologie de l’expérience, qu’il ramène à la contemplation de la mécanique naturelle, tout en s’interdisant toute théorie a priori, c’est à dire toute hypothèse, ce qui ne peut mener aucune évolution scientifique majeure. Son opus de 1609, Wisdom of the Ancient est une interprétation philosophique des mythes grecs, dans lequel il marque son rejet de Copernic et des aimants de Gilbert (de la sorcellerie pour lui) et surtout son rejet des mathématiques reléguées au rang de science mineure et sans application. L’épistémologie baconienne, en fait, ramène le rationalisme naissant dans le champ purement mécanique des opérations magiques, en assimilant techniques scientifique et opérations magiques, sans connecter le champ théorétique/mathématique au champ pratique/mécanique.

Cependant il faut bien reconnaître un positionnement différent face à la science émergeante. Ma théorie est ici que la « fraternité rose-croix » et ses avatars ne peuvent guère plus freiner le dévelloppement de l’expérimentation en laboratoire, et donc tente de pervertir la communauté des savants européens avec une fausse méthode scientifique basée sur de purs sophismes… méthode qui ne fera d’ailleurs pas long feu. Il tient à se différentier du style omniscient de Paracelse, tombé alors en disgrâce. Bacon trahit son appartenance au courant rosicrucien à de nombreuses reprises dans ses œuvres ; et ce principalement dans sa vision mystique de la science, véritable gnose dans laquelle il inclut l’astrologie et l’alchimie, dont la « grande instauration » doit amener l’humanité à l’illumination, la « restauration de l’état adamique », et la récupération des pouvoirs démiurgiques perdus. Ce fut Paolo Rossi qui nota le premier cet aspect d’unBacon enraciné dans la tradition hermétique de la magie naturelle. Son appel pour la création d’une confrérie scientifique internationale et à briser le secret qui entoure la diffusion des sciences (mais de quelles sciences ?) fait penser à la future franc-maçonnerie dont les rangs s’élargiront aux profanes. Son New Atlantisparaît posthume en 1627, c’est une utopie à la manière de Campanella dans laquelle résonnent nombres de références rosicruciennes : angélisme, croix rouges, « Maison de Salomon » où résident les Sages, un collège invisible dirigeant la cité selon un despotisme magico-scientifique qui fait penser au système des palais minoens…

Impliqué de loin dans dans les noces d’Elisabeth Stuart et du prince palatin pour lesquelles il compose une pièce de théâtre jouée confidentiellement.

 Bacon, l’usage est mathématiques est ultra-minoritaire. Yates explique que c’est parce qu’il se désinteresse de l’Hermétisme (en l’occurrence ici, la Kabbale)

 

Selon l’historien Paolo Rossi (Dalla Magia alla Scien, cité par Yates, il faut cependant pleineme connaitre cette tradition   (qui n’en est pas vraiment une, à supposé qu’on veuille donner au nom un contenu positif, exotérique et populaire, plutôt qu’une pratique ésotérique de quelques uns…bref.) pour bien situer Bacon – cette remarque est très interessante : l’insistance de Bacon sur les techniques ont quelque chose de magique, tout comme l’alchimie mêle magie et technique. Hors la pensée de Bacon, si il futssoit appliquée, aurait eu la conséquence de figer la science au niveau actuel de la connaissance (sa méthode inductive n’ayant produit aucun résultat. Se pourrait il que l’on décèe encore chez Bacon une attirance pour les Sympathies ? Cependant, il appelle les chercheurs de autres pays à lui confier leur secret techniques (ceux de l’angleterre, il en est le chef). Tout en condamant le « mage », l’opérateur orgueilleux, (en somme, pour Bacon, il ne faut pas penser, aucune « préconception », aucune spéculation, tout doit venir de l’expérimentation des sympathies… Quelle boite de Pandore n’atil pas ouvert a ses dépends !! Bacon expérimente, mais tient la parabole de l’Adam Hermétique et Démiurgique pour réelle…

Bacon, c’est vraiment l’époque où le Rs se transforme et abandonne l’hermétisme, l’illuminisme, la gnose ouverte pour devenir plus subtil et se cacher dans les méandre de la pensée, finalement se défrede son imaginaire lié aux « corpus » pour mieux coïncider avec son principe : Yates affirme même qu’il s’agit d’une tentative pour respectabiliser les principes de la pensée hermétique dans la rationalité qui commence à dominer – des principes qui ressorte an fait de la sympathie et autres.

 

 

FRANCIS BACON (1561-1626) Sarpi was introduced by a circle around Wooten to Francis Bacon, who corresponded with him. Bacon picked up Sarpi's writing on method from Sarpi's Arte del Ben Pensare, where he insists that the only way an individual can know anything is through the senses. With this, modern empiricism is launched, which later becomes the radical nominalism of David Hume.

> Surnommé "le héro du Nouvel Age", auteur de "La Nouvelle Atlantis", considéré comme le pére de la Rose Croix à travers "le Collège Invisible de la R+C". Est unaniment remarquée son influence sur la fondation des USA comme "Nouvelle Atlantis".

> Fondateur de société littéraire, s'emploie à formaliser la langue anglaise.  Aurait été lui et sa "Société du Heaume à l'origine véritable des écrits de SHAKESPEAR (référence à la lance d'ATHENA).

- cf. Mark TWAIN




 

JOHANESS KEPLER (1571-1630)

 

, ancien étudiant de Tübingen,

avait fréquenté Johann Valentin Andreæ. Entre 1600 et 1612, il fut

membre de la « cour magique» de Rodolphe II, en tant

qu'assistant du grand astronome Tycho Brahé. Fortement marqué

par le néoplatonisme et le pythagorisme de la Renaissance, il avait

d'abord repris le système de l'me du Monde dans son « Mysterium

cosmographicum» (1596). Cependant, en rééditant ce livre en

1606, il avait changé de position pour remplacer ce concept par

celui de « force». Pour lui, ce n'est pas l'âme du Monde qui

préside aux mouvements des planètes, mais une force. Johannes

Kepler publie une œuvre concurrente à l'« Histoire

métaphysique... » de Robert Fludd. Dans ce texte, « L'Harmonie

du monde» (1619), il déclare qu'il se base sur les mathématiques

et non pas sur l'hermétisme comme Robert Fludd. Il accuse

d'ailleurs ce dernier de confondre les deux.

Robert Fludd rétorque immédiatement avec « Veritatis

proscenium» (1621), en précisant que ses théories reprennent

celles de François Georges de Venise et celles des Rose-Croix. Il

s'ensuit encore une réponse de Kepler, « Apologia» (1621), à

laquelle Robert Fludd répond en 1622 avec son « Monochordum

mundi symphoniacum»(17). Bientôt, les travaux d'Isaac Newton

viendront confirmer les théories de Kepler, mais au bout du

compte, si le terme de « force» a remplacé celui d'« Âme du

Monde», le mystère reste entier quant à l'origine de cette force !

 

LEIBNIZ ET LA SOCIETE ALCHIMIQUE

Vers 1666, le philosophe et mathématicien allemand Leibniz (1646-1716) devint membre de la « Société alchimique » de Nuremberg (1654-~1700) et en fut secrétaire pendant deux ans. Cette société est parfois confondue à tort avec celle de la Rose-Croix d'Or (voir ci-dessous). Il s'intéressa au texte des Noces Chymiques et décrypta l'énigme du nom de la jeune fille Alchimia. Quant aux manifestes eux-mêmes il les considéra comme des fictions : « Tout ce que l’on a dit des Frères de la Croix et la Rose, est une pure invention de quelque personne ingénieuse ».

       C’est Leibniz qui fera évoluer cette âme du monde animiste vers la notion de force.

Isaac Newton

 

Newton élabore le nouveau paradigme scientifique. Féru d’alchimie, il lit notamment Michael Maier et sanomenclature alchimique des dieux grecs. On connaît également son amitié avec Elias Ashmole.

J.E. McGuire et P.M. Rattansi ont montré la permanence de la Prisca Theologia chez Newton, son goût pour les prophéties, l’idée d’une restauration de l’age d’or (Francis Bacon) …

    

 

 

REPONSES AUX MANIFESTES

 

 


 

 

 

JOHANESS KEPLER (1571-1630), ancien étudiant de Tübingen,

avait fréquenté Johann Valentin Andreæ. Entre 1600 et 1612, il fut

membre de la « cour magique» de Rodolphe II, en tant

qu'assistant du grand astronome Tycho Brahé. Fortement marqué

par le néoplatonisme et le pythagorisme de la Renaissance, il avait

d'abord repris le système de l'me du Monde dans son « Mysterium

cosmographicum» (1596). Cependant, en rééditant ce livre en

1606, il avait changé de position pour remplacer ce concept par

celui de « force». Pour lui, ce n'est pas l'âme du Monde qui

préside aux mouvements des planètes, mais une force. Johannes

Kepler publie une œuvre concurrente à l'« Histoire

métaphysique... » de Robert Fludd. Dans ce texte, « L'Harmonie

du monde» (1619), il déclare qu'il se base sur les mathématiques

et non pas sur l'hermétisme comme Robert Fludd. Il accuse

d'ailleurs ce dernier de confondre les deux.

Robert Fludd rétorque immédiatement avec « Veritatis

proscenium» (1621), en précisant que ses théories reprennent

celles de François Georges de Venise et celles des Rose-Croix. Il

s'ensuit encore une réponse de Kepler, « Apologia» (1621), à

laquelle Robert Fludd répond en 1622 avec son « Monochordum

mundi symphoniacum»(17). Bientôt, les travaux d'Isaac Newton

viendront confirmer les théories de Kepler, mais au bout du

compte, si le terme de « force» a remplacé celui d'« Âme du

Monde», le mystère reste entier quant à l'origine de cette force !


 


« On a voulu voir également du rosicrucisme chez Leibniz et chez bien d’autres ; jeu stérile, puisque au XVIIe siècle l’ésotérisme moniste est de toute manière la philosophie de presque tous les gens qui pensent. »

 

LEIBNIZ ET LA SOCIETE ALCHIMIQUE

Vers 1666, le philosophe et mathématicien allemand Leibniz (1646-1716) devint membre de la « Société alchimique » de Nuremberg (1654-~1700) et en fut secrétaire pendant deux ans. Cette société est parfois confondue à tort avec celle de la Rose-Croix d'Or (voir ci-dessous). Il s'intéressa au texte des Noces Chymiques et décrypta l'énigme du nom de la jeune fille Alchimia. Quant aux manifestes eux-mêmes il les considéra comme des fictions : « Tout ce que l’on a dit des Frères de la Croix et la Rose, est une pure invention de quelque personne ingénieuse ».

1543 : Copernic

Horoscopes de Galilée

Action sur la nature se lit magie naturelle, opérant avec des forces, q’s illicite ?

1558 Della Porta, De la magie naturelle ou des miracles de la nature

 Mais émerge la représentation spatiale abstraite, tension

 

 

On murmure que l’atelier des Fugger mit sous presse quantité de ces traités hermétiques…


 

La Rose-Croix

 

 « Les arcanes s'avilissent quand ils sont révélés ; et, profanés, ils perdent leur grâce. Ne jette donc pas de marguerites aux pourceaux, et ne fais point à un âne une litière de roses.http://fr.wikipedia.org/wiki/Rose-Croix - cite_note-12 »

Controverses autour de Descartes, Leibniz, Comenius et d'autres personnalités

Afin d'accréditer l'existence et l'influence de la fraternité, les auteurs rosicruciens ont souvent mis en avant les relations que des personnalités illustres, notamment Descartes, Leibniz et Comenius, mais aussi Spinoza ou Newton, auraient eu avec la Rose-Croix. Ces relations iraient parfois jusqu'à l'appartenance effective à l'ordre. Leurs contradicteurs objectent que les éléments historiques disponibles relèvent de l'anecdote tant pour la vie et l'œuvre de ces personnages que pour l'histoire du rosicrucisme. Ces éléments font d'eux des hommes de leur temps plutôt que des membres de la Rose-Croix ou même de la mouvance rosicrucienne

 

LA R+C, UN ORDRE INITIATIQUE ?

 

Pour les universitaires Yates, Arnold, EdighofferFaivre, Christian Rosenkreutz et l'ordre de la Rose-Croix sont des fictions inventées par les auteurs des manifestes, et ces textes relevaient à l'origine du « ludibrium » (c’est-à-dire du « jeu », de la « plaisanterie ») ésotérique d'un jeune luthérien malicieux et cultivé, Johann Valentin Andreae. Les manifestes de la Rose-Croix ne seraient pas une preuve de son existence mais seulement la narration de son mythe. Ils auraient pris rapidement une dimension polémique dans l'âpre contexte de la RéformeLes affiches parues à Paris en 1623(voir ci-dessous) ne seraient quant à elles qu'un canular. Les idées développées dans les manifestes n'ayant rien de particulièrement original ni de spécifique, leur succès non démenti tient à leur qualité littéraire, à leur parfum de secret et de mystère, et à l'association, puissamment évocatrice dans la culture occidentale, des noms et symboles de la rose et de la croix.

Certains enfin ont réinterrogé avec Serge Hutin le concept d'ordre initiatique en y voyant un courant de pensée – organisé par des principes et fondé sur la reconnaissance tacite entre ses contributeurs de leurs autorités morales respectives – plutôt qu'une organisation secrète hiérarchisée de manière formelle.

Les manifestes Rose-Croix eurent très vite un retentissement considérable. Il y eut rapidement plusieurs rééditions. Leur appel (et surtout les références à Paracelse) fut reçu par nombre de « chymistes » d'Allemagne, et aussi d'Europe. La Bibliotheca Hermetica Philosophica d'Amsterdam a recensé 400 réponses imprimées dans les dix années qui suivirent leur parution et environ 1 700 entre les XVIIe et XVIIIe siècles.

Des polémiques ne tardèrent pas à naître. Les rose-croix furent accusés d'imposture et, plus grave à l'époque, de sorcellerie et d'hérésie.

 

 

 

 

The putative origins of the cult are in the early-Seventeeth-Century Palatinate, where, ostensibly, the myth of "Christian Rosencreuz" was either spawned, or first found notable support. It is a medley of gnostic cults, all relying upon the methods of symbolic magic, and heavily saturated with heirlooms of the Bogomil and other cults proliferating in the Burgundian and Pyrenees regions. Vers 1580 – Le marchand de Venise de Shakespear

    

 


Néo-Joachimisme

Changement de paradigme, rejet de la kabbale

- de leur passif mystique et luthérien : Arndt, Andrea (père pasteur célèbre), Valentin Weigel

- de leurs liens avec Campanella, Bruno et l’Italie – Tobias Hess

   

 

La Rose-Croix est un ordre hermétiste chrétien légendaire, dont les premières mentions remontent au début du XVIIe siècle en Allemagne. L'existence de l'ordre, et celle de son fondateur Christian Rosenkreutz, sont sujettes à controverse.

 

Quoi qu'il en soit, à partir du XVIIIe siècle et jusqu'à aujourd'hui, de nombreux mouvements se sont réclamés de l'ordre de la Rose-Croix, ou se sont référé à la « tradition rosicrucienne » ou à l'« héritage de Christian Rose-Croix ». Leurs membres sont appelés les rosicruciens. Le terme « rose-croix » désigne, dans leur langage, un état de perfection spirituelle et morale.

 

Comme archétype de société secrète, mystique, immémoriale et toute puissante, les rose-croix apparaissent dans la littérature ésotérisante, souvent comme successeurs des chevaliers du Graal et des templiers.À l'origine d'un mythe : les manifestes rose-croix.

 

Le personnage de Christian Rosenkreutz ferait référence aux vies de Joachim de Flore, de Thomas a Kempis, ainsi que d'un certain Aegidius Gutman (1490-1584) dont la biographie touche à la légendehttp

 

Pour les universitaires YatesArnoldEdighoffer, FaivreChristian Rosenkreutz et l'ordre de la Rose-Croix sont des fictions inventées par les auteurs des manifestes, et ces textes relevaient à l'origine du « ludibrium » (c’est-à-dire du « jeu », de la « plaisanterie ») ésotérique d'un jeune luthérien malicieux et cultivé, Johann Valentin Andreae. Les manifestes de la Rose-Croix ne seraient pas une preuve de son existence mais seulement la narration de son mythe. Ils auraient pris rapidement une dimension polémique dans l'âpre contexte de la Réforme. Les affiches parues à Paris en 1623 (voir ci-dessous) ne seraient quant à elles qu'un canular. Les idées développées dans les manifestes n'ayant rien de particulièrement original ni de spécifique, leur succès non démenti tient à leur qualité littéraire, à leur parfum de secret et de mystère, et à l'association, puissamment évocatrice dans la culture occidentale, des noms et symboles de la rose et de la croix.

Certains enfin ont réinterrogé avec Serge Hutinle concept d'ordre initiatique en y voyant un courant de pensée – organisé par des principes et fondé sur la reconnaissance tacite entre ses contributeurs de leurs autorités morales respectives – plutôt qu'une organisation secrète hiérarchisée de manière formelle.

Les manifestes Rose-Croix eurent très vite un retentissement considérable. Il y eut rapidement plusieurs rééditions. Leur appel (et surtout les références à Paracelse) fut reçu par nombre de « chymistes » d'Allemagne, et aussi d'Europe. La Bibliotheca Hermetica Philosophica d'Amsterdam a recensé 400 réponses imprimées dans les dix années qui suivirent leur parution et environ 1 700 entre les XVIIe et XVIIIe siècles.

Des polémiques ne tardèrent pas à naître. Les rose-croix furent accusés d'imposture et, plus grave à l'époque, de sorcellerie et d'hérésie.

 

La datation de Casaubon

 

 

 

Datation de Casaubon

Mais en 1614, le philologue Isaac Casaubon montre que le grec des textes est de l'époque hellénistique, et qu'ils ont été écrits après les débuts du christianisme : "Je soutiens que ce livre ne contient pas la doctrine égyptienne d'Hermès, mais une doctrine grecque venue, pour une part, des livres de Platon et de ses successeurs, parfois dans les termes mêmes, et, pour une autre part, de la doctrine chrétienne extraite des Saintes Écritures."[5] Le protestant Casaubon s'opposait à la version catholique de l'histoire du christianisme telle qu'elle était développée par le cardinal Baronius, et qui plaçait le corpus hermeticum parmi les textes prophétiques. Cette datation ne s'imposa qu'à la fin du XVIIe siècle.

 

En 1614, le philologue Isaac Casaubon dans son « De rebus sacris et ecclesiasticis exercitationes XVI » démontre que le grec des textes des Hermetica est de l'époque hellénistique et qu'ils ont été écrits après les débuts du christianisme : "Je soutiens que ce livre ne contient pas la doctrine égyptienne d'Hermès, mais une doctrine grecque venue, pour une part, des livres de Platon et de ses successeurs, parfois dans les termes mêmes, et, pour une autre part, de la doctrine chrétienne extraite des Saintes Écritures" ce qui met un frein sévère diffusion de la propagande hermétique. A partir de là, on observe un glissement constant de l'hermétisme vers des thèmes chrétiens, tout en conservant l'esprit hermétique, celui des correspondances entre microcosme et macrocosme. 

Casaubon travaille en outre pour Jacques II qui va refuser d’entrer dans la guerre contre les Habsourg…

Le protestant Casaubon s'opposait à la version catholique de l'histoire du christianisme telle qu'elle était développée par le Cardinal Baronius qui plaçait le corpus hermeticum parmi les textes prophétiques. Cette datation ne s'imposa qu'à la fin du XVIIe siècle.

 

Il est cependant étonnant de constater que la découverte de Casaubon coïncide avec une réorganisation, une refondation de l'ésotérisme occidental marquée par la publication des « Manifestes rosicruciens » en 1614. Christian Rosenkreutz va remplacer Hermès Trismégiste et l'Égypte va quitter le devant de la scène (mais elle reviendra bientôt, comme nous le verrons plus tard).



Les Manifestes Rosicruciens

 

Tant par le style que par le fond, les manifestes sont caractéristiques de la pensée de l'époque, au tournant de la Renaissance et de l'âge baroque. Ils puisent leur inspiration, comme la multitude d'écrits alchimiques qui fleurissent alors, dans le fond séculaire de la littérature mystique et hermétique. Ainsi on peut y trouver des références et allusions au néo-platonisme, aux pythagoriciens, à la philosophie arabe, à la kabbale, à la Gnose, et même aux sages de l'Inde.

L'alchimie, dans les Noces alchimiques de CRC comme dans les autres « manifestes », est considérée comme un processus de régénération spirituelle et une source de purification et de renaissance intérieure.


Manifeste n°1 - La Fama Fraternitatis 

 

 

 

En 1614, la Fama Fraternitatis ou Réforme générale et universelle du monde entier. Contenant la Fama Fraternitatis de l'illustre Ordre de la Rose-Croix paraît à Cassel (Hesse) à l’imprimerie de Willelm Wessel.

 La Fama Fraternitatis narre la vie du fondateur mythique de l'ordre, désigné par ses initiales C.R.C. Allemand, orphelin d'une famille noble mais désargentée, il est élevé et éduqué dans un couvent. Un périple entrepris autour de la Méditerranée lui permet d'acquérir les sagesses et les connaissances de l'Orient et de les confronter à celles de l'Occident. À son retour, il s'entretient avec les savants d'Europe « leur montrant les erreurs de nos Arts, comment les corriger, d'où l'on pourrait tirer des indices certains sur les siècles suivants et en quoi ils devaient concorder avec les siècles passés ; aussi comment réformer les défauts de l'Église et toute la philosophie morale ». Mais ces derniers, se voyant contraints de se remettre en question et craignant que leur réputation n'en souffre, le rejettent. Il fonde alors en Allemagne la « maison du Saint-Esprit », afin d'y rassembler et conserver ses connaissances, et invite, afin de les consigner, trois de ses anciens condisciples qui lui jurent fidélité et silence : « Ainsi commença la Fraternité de la Rose-Croix, avec quatre personnes seulement ». L'ordre se donne une règle, et se disperse à travers le monde. L'histoire relate que 120 ans après la mort du fondateur de l'ordre, les Frères de la troisième génération, refaisant en « bons architectes » la maçonnerie de leur « maison », redécouvrent son tombeau. L'inscription « Post 120 annos patebo » (« après 120 ans, je m'ouvrirai ») indique que cette découverte apparemment fortuite avait été prévue. Dans ce « temple-tombe », illuminé « par un autre soleil » , se trouve le corps intact de C. R.C. tenant dans ses mains un petit livre d'or, intitulé Livre T.. L'autel circulaire est entouré de formules de sagesse et d'axiomes comme « Nequaquam vacuum » (« nulle part n'est le vide ». Les frères décident alors de révéler au monde cette sagesse chrétienne censée réconcilier les connaissances du passé et celles de l'avenir, et proposer une réforme universelle des sciences, de l'art et de la religion. Ils expliqueront les 37 raisons de cette décision dans une Confessio, et promettent plus d'or « que le roi d'Espagne n'en peut rapporter des deux Indes ». La Fama Fraternitatis, qui devait être écrite en cinq langues, invite les sages, savants et chefs de l’Europe intéressés par cette offre à se faire connaître de quelque manière « et en quelque langue que ce soit ». La Fama s'achève par la phrase : « Sub umbra alarum tuarum Jehova » (À l'ombre de tes ailes Jéhovah).

La Fama semble avoir été rédigée vers 1608 et avoir rapidement circulé sous forme manuscrite (quatre exemplaires originaux ont aujourd'hui été retrouvés) dans les milieux alchimiques : en 1611 le médecin danoisOle Worm en avait reçu une copie, probablement de la part de Johann Hartmann, qui tenait la première chaire de "Chymie" d'Europe, à l'université de Marbourg (http://fr.wikipedia.org/wiki/Rose-Croix - cite_note-17)

La « Fama Fraternitatis » se termine par une invitation aux hommes de science et aux souverains d'Europe à se joindre à la Fraternité Rosicrucienne pour partager sa Connaissance réformatrice. Cet appel est cependant étrange dans la mesure où il est précisé que « bien que nous n'ayons pas actuellement indiqué ni notre nom ni notre assemblée, il est certain que les avis de tous, en quelque langue qu'ils soient rédigés, nous parviendront ». Le texte indique en effet que la résidence des Rose-Croix doit « demeurer vierge, intacte, inconnue, soigneusement cachée, pour l'éternité, aux yeux du monde impie ». Le message sera entendu et des lettres ouvertes aux Rose-Croix seront imprimées en divers points de l'Europe, telle celle qui est publiée à la fin du premier Manifeste rosicrucien.

     Il s’agit effectivement de laver l’hermétisme de ses idées les plus contestées : Hermès lui-même (remplacé pour l’occasion en Christian Rosenkreutz), la magie… et de lui donner une teinte plus chrétienne.

Réponse de Adam Haselmayer

L'ouvrage se termine par la Courte réponse faite par Adam Haselmayer qui, pour cela, a été arrêté et emprisonné par les Jésuites et mis aux fers sur les galères. Bien que la Fama fût en général publiée seule par la suite, l'ensemble de l'ouvrage original (Reformatio, Fama et la Réponse de Haselmayer) forme un tout, dont le sens général est que la vraie réforme ne peut se faire de l'extérieur comme le promouvaient penseurs et législateurs, mais qu'elle doit être intérieure, spirituelle et mystique.

 


 

Manifeste n°2 - La Confessio Fraternitatis

 

La Confessio est d’un style plus érudit et en latin, signée du pseudo Philippe à Gabelle, mais en fait de la main d’un disciple ou admirateur de John Dee comme l’indique une citation (cf. Yates pp66). Le pape y est nomméAntéchrist. Le texte présage des événements apocalyptiques dus aux nouvelles étoiles dans les constellations du serpent et du signe. Le rapport aux sciences a des accents baconiens.

 

En 1615, une seconde édition de la Fama paraît chez le même éditeurhttp://fr.wikipedia.org/wiki/Rose-Croix - cite_note-6. Il y est joint un second texte, en versions latine et allemande (d'ailleurs sensiblement différentes) : « Confessio Fraternitatis Rosae Crucis. Ad eruditos Europae. » (« Confession de la Fraternité de la R. C. Aux savants de l'Europe »). Cette « Confession » (ou profession de foi), où s'expriment les frères de la Rose-Croix, fait référence à la Fama, et renouvelle son appel aux savants, mais aussi aux humbles, et ses promesses de réforme chrétienne universelle et de révélation des secrets de la Nature. Dans la forme elle s'inspire de laConfession d'Augsbourg. Plus que la Fama, elle met l'accent sur le millénarisme et l'antipapisme.

Les frères se défendent des accusations d'hérésie : « Comment pourrions-nous être jamais soupçonnés d'hérésie, de menées et de complots coupables contre l'autorité civile, quand nous condamnons les sacrilèges dont Notre-Seigneur Jésus-Christ est l'objet, et dont l'Orient comme l'Occident se rendent coupables (entendons Mahomet et le pape), et quand nous présentons au chef suprême de l'Empire romain notre prière, nos mystères et nos trésors ?http://fr.wikipedia.org/wiki/Rose-Croix - cite_note-7 » (Image : De Macrocosmi historia, de Robert Fludd.) Ils font l'éloge de la Bible et de la vie évangélique :

« Contre eux, nous professons et témoignons publiquement qu'il n'a pas existé depuis les débuts de ce monde de livre supérieur, de livre meilleur, de livre aussi merveilleux, aussi salutaire que justement la sainte Bible. Et bienheureux son détenteur, bienheureux plus encore son lecteur assidu, au comble de la félicité celui qui en a épuisé l'étude. Qui sait la comprendre ne peut plus être près de Dieu ni plus semblable à lui.http://fr.wikipedia.org/wiki/Rose-Croix - cite_note-8 »

Le prénom du fondateur de la fraternité apparaît : Christian R.-C. . Il serait né en 1378 et aurait vécu cent six ans. La Confessio Fraternitatis propose une philosophie chrétienne, et aussi un état de vie merveilleux qui « figurait à l'origine du monde avec Adam » accessible à l'homme régénéré. La Confessio annonce la fin dumahométisme et du catholicisme, et la venue d'une nouvelle ère liée à l'avènement d'une mystérieuse quatrième monarchie et à l'apparition de signes, d'étoiles dans les constellations du Serpentaire et du Cygne.

Les frères disposent d'une « écriture magique », semblable à la langue originelle des patriarches bibliques Adamet Hénoch, qui leur permet de lire et de comprendre la volonté divine.

La Confessio évoque l'alchimie en tant que force guérissante, capable certes d'opérer la transmutation des métaux (ce qu'ils ne prisent pas), mais surtout comme « remède suprême » pour la libération de l'humanité :

« Maintenant, il est nécessaire que cède toute erreur, ténèbre et servitude qui se sont progressivement emparées des sciences, des œuvres et du gouvernement des humains... de sorte que la majorité des hommes se sont obscurcis... Il n'est cependant d'autre philosophie pour nous que Celle qui est la Couronne de toutes les facultés, sciences et arts. En ce qui concerne notre siècle elle comprend surtout la Théologie, la Médecine, et avant tout la Science du Droit; c'est une philosophie qui sonde le ciel et la terre à l'aide d'un excellent art d'analyse ou qui, en un mot exprime essentiellement que l'homme est un microcosme, et l'étendue de son art dans la nature. »


Manifeste n°3 - Les Noces Chymiques de Cristian Rosenkreutz


En 1616 paraît à Strasbourg chez Lazare Zetzner, sans nom d'auteur et en allemand, Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz. Si ce texte, plus long que les deux manifestes Fama et Confessio, et dont la qualité littéraire est largement reconnue, est aujourd'hui celui qui retient le plus l'attention tant des ésotéristes que des historiens, il n'eut à l'époque que peu d'influence : jamais traduit en latin, il ne le fut en anglais qu'en 1690, et en français qu'en 1928.

L'action se situe en 1459. Au cours de sept journées, pleines d'évènements merveilleux et symboliques, Christian Rosenkreutz participe aux noces alchimiques du roi et de la reine, qui culminent avec la décollation et la résurrection du couple royal.

 


Read more:
 Traiano Boccalini Biography - ( 1556 – 1613 ), Ragguagli di Parnaso, Centuria Prima, Centuria Seconda, ragguagli, Pietra di paragone politico http://www.jrank.org/literature/pages/15351/Traiano-Boccalini.html#ixzz0qmQt4IKq

Cet ouvrage satirique, publié en 1612, s'en prend à la tentative hégémonique des Habsbourg sur l'Europe chrétienne. A la manière du « Spaccio » de Giordano Bruno, il est écrit sous la forme d'un dialogue mythologique. « Les Nouvelles du Parnasse » racontent qu'Apollon apprit de l'empereur Justinien que les habitants de la Terre souffraient d'un grand désespoir à cause des querelles incessantes qui les opposaient les uns aux autres. Apollon, qui pourtant n'avait pas ménagé ses efforts pour envoyer auprès des hommes d'innombrables guides et philosophes dans le but de leur enseigner les bonnes mœurs, se décide alors à proposer une Réforme universelle propre à rendre à l'humanité sa pureté primitive. Pour mener à bien ce projet, il convoque alors au Parnasse les sept Sages de la Grèce, ainsi que Caton, Sénèque et d'autres. Chacun y fait ses propositions. Thalès, qui estime que l'hypocrisie et la dissimulation sont la cause principale des maux de l'humanité, suggère de percer une petite fenêtre dans le cœur des hommes pour imposer la candeur et la transparence dans leurs relations. Aussitôt, quelqu'un pose une objection : si chacun peut lire dans le cœur des princes qui dirigent ce monde, il deviendra impossible de gouverner ! La proposition de Thalès est aussitôt abandonnée. Solon pense que les désordres sont provoqués par les haines et les jalousies qui sévissent parmi les hommes. Il conseille donc de répandre la charité, l'amour et la tolérance entre eux. Il ajoute que si les biens étaient plus équitablement répartis, les choses iraient beaucoup mieux. Là encore, les critiques s'élèvent et les Sages du Parnasse crient à l'utopie. Caton propose une solution extrême : un nouveau Déluge pour supprimer d'un seul coup tous les "méchants". Finalement, après que tous aient exposé leurs idées, le projet de Réforme universelle d'Apollon se solde par une réglementation du prix des légumes et des anchois… Par cette satire, Traiano Boccalini montre combien les institutions, qu'elles soient religieuses, politiques ou philosophiques, sont incapables de faire évoluer les choses.

 

 


- Symboles de la Rose et de la Croix - Andreae a pu aussi s'inspirer de son blason familial qui comprenait quatre roses rouges entre les branches d'une croix rouge, blason lui-même peut-être inspiré des armes de Luther, représentant une croix noire sur un cœur rouge entouré d'une rose blanche. Les armes de Luther peuvent ainsi être décrites : au centre se trouve une croix noire évoquant la mortification et rappelant que la foi en Christ crucifié est rédemptrice. Cette croix repose au centre d'un cœur rouge, symbole de vie. Ce dernier est disposé dans une rose blanche, insigne de joie et de paix. L'ensemble est entouré par un anneau d'or symbolisant la vie éternelle. Il est possible que ces armoiries soient inspirées des écrits de saint Bernard que Luther appréciait beaucoup. En effet, dans ses sermons sur le « Cantique des Cantiques», saint Bernard a souvent recours à l'image de la croix unie à une fleur, lorsqu'il évoque les noces de l'âme avec Dieu.

 

A cette période, René Descartes est en pleine quête de connaissance. Il vient de découvrir deux des trois problèmes mathématiques qu'aucun savant depuis l'Antiquité n'avait réussi à résoudre, à savoir la duplication du cube et la trissection de l’angle. En mars 1619, il annonce à son ami Isaac Beeckman qu'il travaille à fonder "une science toute nouvelle [...] une méthode universelle qui va au-delà des mathématiques" et permet de résoudre toutes sortes de questions. Il ressent une exaltante jubilation de l'esprit, tout heureux qu'il est d'avoir trouvé les fondements d'une science admirable. Il passe la journée du 9 novembre à méditer sur l'objet de sa quête.

C'est alors que dans la nuit, près d'Ulm, il fait trois songes qui vont bouleverser son

existence. Dans le premier, il est poussé par un vent impétueux vers un mystérieux collège où il rencontre un homme qui lui donne un melon. Il se réveille et, craignant que ce rêve ne soit l'œuvre d'un mauvais génie, fait une prière. A peine se rendort-il qu'il fait un deuxième songe, suivi d'un troisième. Dans ces songes, on lui présente un dictionnaire et un recueil de poésies où la philosophie est jointe à la sagesse. En consultant ce recueil, il tombe sur ces mots : "Quel chemin suivrai-je dans la vie ?".L'interprétation de ces trois songes a suscité de nombreux commentaires. Comme l'ont constaté plusieurs auteurs, les événements qu'il vécut au cours de ces songes ressemblent à plusieurs épisodes relatés dans "Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz"(5). René Descartes a conscience d'avoir vécu une expérience fondamentale et tente aussitôt de l'analyser. Il juge ces songes si importants qu'il les retranscrit dans un recueil qu'il intitule "Olympica". Cette expérience lui apporte la confirmation qu'il est sur la bonne voie et que les mathématiques sont une clé essentielle pour comprendre les mystères de la Création.

Dans l'étude qu'elle a consacrée aux songes de Descartes, Sophie Jama est revenue sur cet épisode de la vie du philosophe. A ce titre, elle s'interroge sur un texte de jeunesse de Descartes qui n'a jamais été publié : le "Trésor mathématique de Polybe le Cosmopolite". René Descartes y propose de résoudre toutes les difficultés des mathématiques, et indique que cet ouvrage est offert "aux érudits du monde entier, et spécialement aux F.R.C., [Frères Rose-Croix], très célèbres en G. [Germanie]"(11). A la manière des penseurs du XVIIe siècle qui répondirent à l'appel des Manifestes rosicruciens en publiant un livre, Sophie Jama pense que René Descartes avait sans doute le même projet. Cependant, les événements dramatiques qui suivirent la bataille de la Montagne Blanche en Bohême, le sectarisme qui régnait dans une France gagnée à la contreréforme, l'incitèrent sans doute à renoncer à ce projet. Ajoutons que le propos de ce texte ressemble à celui que dédia aussi aux Rose-Croix son ami Johan Faulhabert, avec son livre "Mystère arithmétique…".

Même si René Descartes nia avoir rencontré des Rose-Croix, on peut s'interroger sur son adhésion aux idées rosicruciennes. En confrontant les idées fortes des Manifestes rosicruciens, les "Olympica" et les autres textes de Descartes, Sophie Jama a montré dans son livre que loin d'avoir été un épisode marginal dans la vie du philosophe, les idées rosicruciennes ont contribué à féconder la pensée du philosophe. 

L'Église catholique se livre à cette époque à une véritable chasse aux sorcières. En 1610, après un procès interminable, Giordano Bruno est brûlé vif à Rome. Bientôt, c'est Galilée qui sera poursuivi. Lorsque René Descartes apprend la condamnation de ce dernier en 1633, il envisage de détruire son "Monde", traité de cosmologie qui fait référence à l'héliocentrisme. Il convient d'être prudent. Aussi, dans son "Discours de la méthode", qu'il termine en 1637, Descartes préfère condamner "les mauvaises doctrines", celles des alchimistes, des astrologues et des magiciens…(18).

Dans une correspondance de juillet 1640 avec son ami Mersenne, il critique l'alchimie et son langage ésotérique. Il remet en cause le principe des trois éléments : soufre, sel et mercure. Cependant, ses lettres montrent qu'il s'intéresse à l'alchimie et qu'il en connaît les principes. Son intérêt pour cette science semble s'être prolongé pendant plusieurs années. Sur ce point, Jean-François Maillard souligne un fait rarement signalé. Il rapporte en effet que vers 1640, René Descartes s'est lui-même adonné à l'alchimie dans le laboratoire de son ami Cornelis van Hogelande(20). A ce propos, il parle d'une tentation, non pas conjurée par la raison, mais avortée. En effet, l'attention de l'auteur de la "Méthode" fut mobilisée par d'autres sciences comme les mathématiques, la géométrie, la météorologie, la médecine ou l'optique.

Il faut cependant souligner que malgré son intérêt pour l’alchimie, René Descartes s’éloigne de l'ésotérisme de son époque. En effet, il en rejette la pensée par analogie, la théorie des correspondances et le principe du symbolisme. Pour lui, seules des idées claires et distinctes, où tous les concepts peuvent être entièrement analysables, peuvent conduire à une "connaissance vraie". Ce sont les vérités mathématiques, innées en l'homme, qui peuvent lui permettre de comprendre le monde. Il pense d'ailleurs que s'il peut appréhender les idées de perfection et d'infini, c'est parce que Dieu a mis en l'homme sa propre marque.Par ailleurs, Descartes rejette les causes finales, car il refuse toute tentative de compréhension de la destination de la Création et des êtres. S'il "fonde sa physique sur la métaphysique", c’est parce qu’il considère que les vérités mathématiques innées en notre âme permettent d’expliquer le monde naturel par la physique et de rendre l'homme "maître et possesseur de la nature". Ce monde naturel, Descartes l'épure de ses qualités occultes et le considère comme une succession de volumes géométriques articulés selon le modèle des automates, des volumes mesurables et conçus grâce à la certitude des vérités mathématiques. Certes, cette conception mécaniste de la Création est différente de celle d'un Paracelse qui voit dans la Nature la clé de tout ce qui existe et une réalité vivante avec laquelle l'homme doit entrer en dialogue. Cela dit, sa démarche a permis de sortir toute une époque d'un obscurantisme tortueux pour la conduire vers une connaissance scientifique résolument moderne, dégagée de dangereux préjugés et de superstitions extravagantes.

 

On peut noter cependant que certains aspects de la pensée de Descartes rejoignent le rosicrucianisme. Son rejet des spéculations stériles et son aspiration à "des connaissances qui soient fort utiles à la vie" rappellent des points fondamentaux de la "Fama Fraternitatis" et de la "Confessio Fraternitatis". Serge Hutin indique : "quant au "doute méthodique", à l'accent mis sur l'expérience, à la nécessité de lutter contre les superstitions, ces points de vue s'insèrent fort bien dans les perspectives générales du rosicrucianisme"(21). Il faut signaler aussi que sur plusieurs points, notamment sur le rôle complémentaire de l'intuition et de la déduction, ou sur la fonction de la glande pinéale(22), la pensée de Descartes est assez proche des théories du rosicrucianisme moderne. Si René Descartes ne fut pas un Rose-Croix au sens fort du terme, on peut néanmoins le considérer comme rosicrucien dans la mesure où, à un moment donné de son existence, il s'intéressa à la Rose-Croix. Cet intérêt doit être pris en considération dans le processus de maturation qu

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