Luigi Pulci (1432 - 1484)

Publié le par Socrates Philalethe

Luigi Pulci (1432 - 1484) - Il serait impardonnable de ne pas conter, à titre d'illustration de l'aspect sectaire (n.b. ésotérique, initiatique) du cénacle "orphique" florentin, l'histoire de, poète désargenté au service de Laurent, dans l'ombre de son célèbre frère Luca. Lucrezia Tornabuoni, la mère de Laurent, l'apprécie et lui commande son poème Morgante, fort original de par son ton comique, et qui ouvre la grande tradition du poème chevaleresque italien ; les personnages haut en couleurs ne sont pas sans rappeler ceux de Rabelais qui était un grand admirateur de Pulci. Son  ignorance pour les auteurs grecs anciens l'handicape devant les nouveaux canons d'inspiration platonicienne, sa personnalité et son style le font situer à l'extrême fin du Moyen-Age, alors que ses compagnons Ficin et Politien amorcent véritablement l'humanisme. Ce n'est sans doute pas pour rien que, une fois l'orientation littéraire florentine définie en faveur de ces derniers, la "cerchia" de Laurent se rétrécit et que Pulci en est définitivement exclu et tombe rapidement en disgrâce. En effet, entré en conflit avec l'entourage de Marsile Ficin, et en particulier avec le prêtre Matteo Franco, en qui il semble voir un concurrent, et avec qui il échange des sonnets très aigres, il est accusé d'hérésie et de magie et est contraint de quitter Florence. À la fin de sa vie, il écrira une lettre pour obtenir une sorte d'absolution de ses pêchés de superstition, peut-être avec l'espoir de rentrer en grâce à Florence, mais il semble aussi que l'on puisse voir en ce geste tardif une virevolte ironique. Vers 1470, comme il a cruellement besoin d'argent, il entre au service de Roberto Sanseverino, un condottiere du nord de l'Italie, jusqu'à sa mort.

Publié dans XVe Siècle

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