Marcion

Publié le par Socrates Philalethe

 

 

Marcion

Vers 160

Prêtre excommunié de Sinope, réfugié à Rome en 140, il parvint à rentrer dans l'Église, mais il en fut exclu de nouveau pour hérésie. Marcion, chassé de la ville en 144, fonda alors sa propre communauté vers 160. Stoïcien et Gnostique, il rejetait l'Ancien Testament et presque tout le Nouveau Testament, y compris la Nativité et la Résurrection, et se fondait entièrement sur Paul et Luc. Adopte la thèse du démiurge. Marcion eut pour adversaires Tertullien, Origène et Basile. Tertullien, qui a beaucoup écrit contre Marcion et les marcionites, affirme qu’ils étaient les plus dangereux des gnostiques. Marcion, doué d'une grande éloquence, eut de son vivant une école nombreuse. Les églises d'obédience marcionite fleurirent rapidement et vinrent à concurrencer en nombre celles de l'Église établie. Les marcionites adoptèrent une hiérarchie épiscopale. Le marcionisme eut beaucoup d'adeptes en Occident jusqu'au IVe siècle ; il se fondit alors probablement dans le manichéisme, mais il subsista en Orient jusqu'au Moyen Age.

Marcion (v.85- v.160) est un personnage capital du christianisme primitif mais c'est aussi le premier grand hérétique32. Marcion est né dans une famille chrétienne du Royaume du Pont. C’est un représentant typique des élites chrétiennes non juives. Son père, riche armateur, fut épiscope de Sinope. Il part en Asie Mineure avant de se rendre à Rome vers 135 où il est le premier à amener les lettres de Paul inconnues auparavant. Il devint membre influent de l’Église de Rome en lui faisant une importante donation avant d'être excommunié par celle-ci pour ses positions. Ce rejet est sans influence en Bithynie où il s'en retourne reprendre la charge sacerdotale de son père33

Il publia les Antithèses, où il dit que le Dieu de Jésus n’a rien à voir avec le Créateur de l’Ancien Testament, divinité ignorante, brutale et matérialiste. Il rejette les anciennes Écritures, ne gardant qu’une sélection des nouveaux écrits34 . Exclu de l’Église de Rome en 144, il se lance dans des campagnes missionnaires, fonde de nombreuses églises où l’on pratiquait une morale très austère, comportant la renonciation à la sexualité et à la vie de famille, tout en se préparant au martyre. Son Église qui s’étend « à tout le monde habité » rivalisera longtemps avec la Grande Église avant de disparaître vers le ixe siècle.35

Du fait que Marcion retenait certains textes chrétiens du Nouveau Testament considérés ultérieurement comme canoniques, bien des critiques refuseront de considérer Marcion comme un gnostique. Adolf von Harnack en fait une des figures les plus importantes de l’histoire de l’Église entre Paul de Tarse et Augustin d'Hippone.

Marcion partage l’essentiel du dualisme gnostique, sans inclure les implications apocalyptiques. Il oppose la Loi et la Justice, instituées par le Dieu Créateur de l’Ancien Testament, Yahvé, à l’Amour et à l’Évangile, révélés par le Dieu Bon à travers Jésus. Par la prédication de Jésus, le Démiurge apprend l’existence du Dieu Transcendant, et il se venge en livrant Jésus à ses persécuteurs. Par son sacrifice, Jésus rachète l’humanité au Dieu Créateur. Mais les fidèles continueront d’être persécutés jusqu’à la fin des temps, lorsque le Dieu Bon se fera connaître, qu’il les recevra dans son royaume, et qu’il anéantira la Matière et le Créateur/Démiurge.

 Marcion du Pont ou de Sinope était une personnalité du christianisme ancien de la fin du ier siècle et de la première moitié du iie siècle (ca85 - ca 160 [certains auteurs donnent 95-161]) ; condamné et écarté par la communauté chrétienne de Rome alors dirigée, selon la tradition, par l'épiscope Pie, il fonda une Église dissidente et fut considéré comme l'un des premiers hérésiarques.

La doctrine de Marcion reposait sur une lecture très partielle du message chrétien, à savoir les épîtres de Paul de Tarse, où il trouva une opposition entre la loi et l’Évangile, entre la Justice et la foi en Jésus-Christ. Il pensait que Jésus avait abrogé la Loi pour la remplacer par celle de l’évangile, donc que le père de Jésus était différent du dieu de l’Ancien Testament. Marcion rejetait donc en bloc l’Ancien Testamentcomme écriture inspirée et ne retenait qu’une partie de l’Évangile selon Luc et dix épîtres de Paul (il ne connaissait pas celles à Timothée et à Tite).

Par cette sélection, Marcion poussa l’Église à se poser la question du canon, ce qui aboutira à l’établissement de la liste des 27 livres duNouveau Testament tel que nous le connaissons actuellement.

Sommaire

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Biographie [modifier]

Marcion est le fondateur en Orient d’une Église qui se disait chrétienne, d’abord reconnue [réf. nécessaire], puis condamnée par Rome car, paradoxalement, elle rejetait la croix en disant qu’on ne pouvait pas vénérer un instrument de supplice. D’origine païenne, il serait né vers 85à Sinope, port de la mer Noire. Lorsque Marcion atteignit l’âge adulte, son père, un riche armateur, devint évêque de la communauté chrétienne de Sinope. Tertullien signale que Marcion, d’abord stoïcien, s’est converti à 20 (ou 25) ans après « avoir découvert Dieu ». Le même auteur (C.M. 1, 19) déclare que les marcionites plaçaient un intervalle de 115 ans et demi entre le Christ et Marcion.

Vers l’an 138, sous l'épiscopat d'Hygin, Marcion se rend à Rome après avoir aidé son père au cours de nombreux voyages. Peut-être s’y était-il fait précéder (comme le dit Jérôme de Stridon) par Marcellina, l’une de ses disciples. Il passait alors pour chrétien puisqu’il fut admis dans la communauté chrétienne de Rome. Il y rencontra Cerdon arrivé dans cette ville quelques années avant lui (vers 135).

Vers 140/142, les gnostiquesCerdon et Valentin sont exclus, par ce même épiscope Hygin, de la communauté des fidèles.

En 144, Marcion est exclu par Pie Ier de la communauté des fidèles car il refuse de reconnaître la double nature (humaine et divine) du Christ : après Simon le Magicien, il sera le second excommunié. Il ne quitta pas Rome pour autant puisqu’il y était encore établi comme maître, enseignant ses propres doctrines pendant l’épiscopat d’Anicet (154-166). Jérôme le qualifie d’« ardens ingenii et doctissimus » (d’esprit passionné et très instruit). C’est peut-être à Rome qu’il mourut car nous n’avons aucune preuve qu’il ait quitté la ville.

Adolph von Harnack estime que Marcion, après avoir quitté le Pont, enseigna en Asie Mineure. Cette hypothèse est confirmée indirectement par Polycarpe de Smyrne vers 155 (Ep. aux Philip.) quand il traite Marcion de « premier-né de Satan », lui reprochant de rejeter en bloc « la croix, la résurrection, le jugement ».

Il mourut peut-être entre 161 et 168 ; on n’entend plus parler de lui sous le règne de Marc-Aurèle.

Doctrine [modifier]

Selon Marcion, il existe deux dieux : le Dieu bon, extérieur au monde et à la matière, et le démiurge, un dieu créateur ayant engendré le monde de la matière.

Le démiurge a créé le monde sensible et l'humanité. Il est le dieu de l'Ancien Testament, fondateur de la Loi, qui a choisi le peuple d'Israël comme peuple élu. C'est un dieu qui rend la justice au nom de sa loi, un dieu sévère, vengeur et foncièrement mauvais.

Le Dieu bon est à l'inverse le Dieu suprême, sans les limitations du dieu de la matière. Étranger au monde, à la matière, à la Loi, à ses transgressions et donc au péché, c'est un Dieu d'amour plus que de justice. C'est lui qui a engendré Jésus-Christ, venu pour abroger l'Ancien Testament et le culte de son démiurge.

Ce dualisme est donc fondé sur l’opposition évangile-Loi, une opposition qu'on retrouve chez l'apôtre Paul, mais qui est ici poussée à son paroxysme.

Le dieu créateur dont parle l’Ancien Testament crée un homme faible. Ce dieu se choisit un peuple, Israël, lui donne la Loi et lui promet un Messie. L’Ancien Testament reste valable comme révélation d’un dieu juste et créateur, mais limité et étranger à l'amour.

Le Dieu suprême, le Dieu bon a pitié des hommes et décide de les sauver, c’est-à-dire de les libérer du joug de la Loi pour qu’ils puissent faire le bien. Ce Dieu envoie son fils, qui prend un corps semblable aux hommes, mais non charnel, car la matière est mauvaise. Le dieu créateur s’aperçoit que Jésus prêche un Dieu supérieur, il le persécute et le livre à la mort de la croix. Comme la domination du créateur continue, le salut ne sera obtenu qu’à la fin des temps1

Marcion rejetait donc radicalement l’Ancien Testament. Toutefois, les écrits chrétiens primitifs ne justifiaient pas toujours ses théories. Marcion considéra donc que les auteurs des évangiles avaient mal compris le message de Jésus et y avaient inclus des notions judaïsantes relatives au Démiurge. Il entreprit donc de constituer un dossier des témoignages primitifs qui justifiait sa doctrine, un Nouveau Testament.

Il ne garda qu’un évangile, celui de Luc (un évangile très paulinien dans ses doctrines), et 10 épîtres de Paul. Et comme il considérait que ces écrits avaient été contaminés d’éléments judaïsants, il les épura, plus en vertu de ses thèses que sur la base d'une critique historique. Par exemple, il supprima le début de l’évangile selon Luc, jusqu’en 4,32 (naissance miraculeuse du Christ), ainsi que plusieurs passages de l’épître aux Romains. Il retoucha aussi des textes, en particulier ceux où Jésus est identifié au dieu de l’Ancien Testament.

Marcion semble avoir été le premier à avoir rassemblé une collection d’écrits d’origine apostolique, qui comportait trois parties : l’Evangélion, les Épîtres, et les Antithèses.

Les antithèses ont été perdues. Grâce à Tertullien, nous savons qu’elles devaient comporter deux parties : une partie historique et dogmatique, montrant comment, selon Marcion, le pur évangile s’était altéré, et une partie exégétique.

Courant marcionite [modifier]

Après son différend avec la communauté chrétienne de Rome, Marcion fonde une église dissidente constituée de fidèles, d’un clergé et de lieux de culte.

Cette courant reposait :

  • sur une organisation forte ;
  • sur des cérémonies simplifiées ;
  • sur l’autorité de Marcion : ses disciples croyaient qu’il était à la gauche de Dieu tandis que Paul était à droite (Orig. Hom. 25 sur Luc) ;
  • sur une morale austère : interdiction du mariage, jeûnes, préparation au martyre, fraternité... ;
  • sur une certaine ouverture : dans la secte, les femmes occupaient certains offices parce que Marcion pensait qu’il n’y avait « ni mâle ni femelle en Christ ».

Le culte marcionite avait certaines particularités :

  • les psaumes utilisés étaient différents des psaumes de David ;
  • les marcionites de Syrie se tournaient vers le couchant pour prier Dieu (cf rag. Murator. 82-84, confirmé par Maruta) ;
  • ils employaient l’eau au lieu du vin pour l’eucharistie (Epiph. Pan. XLII, 3), ils l’accompagnaient d’une onction d’huile et offraient au nouveau baptisé un mélange de lait et de miel ;
  • ils pratiquaient, selon Jean Chrysostome, le baptême pour les morts (I Cor. 15/29) ;
  • ils jeûnaient le samedi par pure hostilité au dieu juif.
  • « Ses disciples s’abstenaient de viande et de vin » (Rom. 14/21) qu’ils remplaçaient par du poisson et de l’eau (Luc 24/42). Le poisson constituait pour eux une nourriture sacrée (Tertullien 1/14).

Selon Marcion, la procréation des enfants était un acte de soumission à la Loi du dieu créateur (le démiurge), donc un acte indigne d’un chrétien. Aucun candidat n’était admis au baptême marcionite s’il n’était disposé à mener à partir de là une vie de continence absolue. Pour les marcionites, le mariage avait lieu avec le Christ, et la vie en commun des époux était considérée comme un divorce à l’égard du Christ. Sans doute ceux qui se pliaient à cette prescription ne formaient-ils pas la majorité.

Les martyrs furent nombreux chez les marcionites ; on compte parmi eux le presbytre Métrodore de Smyrne qui subit le supplice du feu comme Polycarpe et, au cours de la même persécution, une femme qui fut tuée au temps de Valérien à Césarée de Palestine, un évêque Asclépios qui, sous Dioclétien, fut brûlé vif également à Césarée sur le même bûcher que l’orthodoxe Apselamus.

Marcion aurait eu pour disciples Ambrosius, Apelle, Blastus, Basilicus et Potitus, Marcellina, Pithon, Prépon, Synaros, Théodotion.

Justin de Naplouse nous dit, vers 155 (Apol. I 26) que l’influence de Marcion s’étendait sur tout l’empire ; à cette même date, les Marcionites étaient nombreux à Rome. Aux environs de 208Tertullien confirmait que « la tradition hérétique de Marcion emplissait l’univers » (C.M. 5/19), ce qui n’était pas le cas de la Grande Église. Au ive siècle Épiphane citait, parmi les lieux « infectés » par le marcionisme, l’Italie, l’Égypte, la Palestine, l’Arabie, la SyrieChypre, la Perse (Ilaer. 42.1). Le marcionisme commença à décliner dans l’Ouest au iiie siècletandis qu’il restait actif dans l’est. En 318-319, une église marcionite était construite à Lebaba près de Damas ; son inscription mentionnait Chrestos.

Au ve siècleThéodoretévêque de Chypre, écrivant au pape Léon Ier, déclarait : « J’ai converti au cours de ma carrière plus de mille marcionites vivant dans huit villages ».

Quand le Marcionisme disparut, ses adeptes rejoignirent généralement les groupes manichéens ; on situe des descendances chez lesPauliciens, les Bogomiles, les Cathares.

Marcion constitua un grave danger pour l’Église et cela explique pourquoi, à partir du troisième quart du iie siècle, la plupart des écrivains chrétiens de Justin à Tertullien (Denys de Corinthe, Philippe de Crète, Théophile d'Antioche, Philippe de Gortyne, Modeste, Irénée de Lyon, Hippolyte, Méliton de SardesMiltiade, Proclus, Clément d'AlexandrieRhodon, etc.) écrivirent des textes contre lui et contre ses doctrines. Vers la fin du iie siècleBardesane d'Édesse rédigeait contre Marcion des Dialogues en syriaque qui s’ajoutaient aux critiques lancées en grec et qui, bientôt, allaient l’être en latin. Au ive siècleÉphrem le Syrien critiqua également cette doctrine.

La doctrine de Marcion devait être ancienne quand elle fut combattue. Il est difficile d’en connaître les origines. Outre une lecture personnelle des épîtres pauliniennes, il pourrait y avoir des influences de la Gnose, ou d’autres ? On retrouve dans Marcion tous ces éléments, on parle d’un paulinisme exacerbé… Il est difficile de savoir s’il a voulu réunir la Gnose et les chrétiens ?

Marcion était-il gnostique ? De fait, les Pères de l'Église l’ont assimilé aux gnostiques et ont vu en lui – après Simon le Magicien – le second grand hérésiarque du christianisme naissant.

Marcion gardera son mystère car les seuls textes disponibles, sur lui, sont ceux de ses détracteurs. Peut-être trouvera-t-on d’autres sources ?

L’affaiblissement du marcionisme est dû à des causes conjuguées :

  • la règle de continence stricte de sa communauté : règle peu attractive pour le peuple et ne lui donnant que très peu d’enfants ;
  • les critiques de ses détracteurs ;
  • les progrès de l’Église et de l’école d’Alexandrie qui discréditèrent sa doctrine et présentèrent une nouvelle philosophie chrétienne, ne laissant plus de place à Marcion et au gnosticisme ;
  • l’appui politique du gouvernement romain à l’Église censée maintenir la paix civile.

Le tout contribua largement à la victoire de celle-ci.

Publié dans Pythagore

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aletheias.over-blog.com 04/10/2010 14:14


Pour une fois le marcionnisme est assez bien decrit, le seul hic et de dire que le marcionnisme est une heresie, une heresie par rapport a quoi? le catholicisme.
Mais peut etre est-ce le catholicisme qui est l'heresie est le MarciOnisme l'église véritable? Comme vous l'avez peut deviné je suis gnostique.