Mirabeau (1749-1791)

Publié le par Socrates Philalethe

 

 

      Mirabeau (1749-1791) 


Honoré-Gabriel Riquetti, comte de Mirabeau, plus communément appelé Mirabeau fut simultanément ou successivement un révolutionnaire français, ainsi qu’un écrivain, diplomate, franc-maçon, journaliste et homme politique français. Surnommé l’Orateur du peuple et la Torche de Provence, il reste le premier symbole de l’éloquence parlementaire en France. Cinquième enfant et second fils de Victor Riquetti, marquis de Mirabeau, économiste de renom, et de Marie-Geneviève de Vassan, Mirabeau est issu d'une famille de la noblesse provençale. C'est un noble déclassé adversaire de l'absolutisme.

Selon Victor Hugo, Mirabeau était d'une « laideur grandiose et fulgurante ». En 1754, son père écrira au bailli de Mirabeau, son frère : « Ton neveu est laid comme celui de Satan ». En 1768, il est incorporé à un régiment mais contracte des dettes, ce qui provoque de nouveau la colère de son père. Il gagne une réputation de libertinage. Après avoir participé à la campagne de Corse en 1768-1769, il épousa Émilie, fille du puissant marquis de Marignane, qui avait refusé sa main au comte de Valbelle. Ils eurent un fils mort en bas-âge. Celle-ci demanda la séparation de corps en 1782 et fut défendue par celui qui deviendra par la suite l’un des rédacteur du Code Civil :Jean Étienne Marie Portalis. Mirabeau défendit sa propre cause dans ce procès qu’il perdit par ailleurs, tenant à jamais rancune contre Portalis. Pour le soustraire à ses créanciers son père le fit plusieurs fois enfermer au fort de Vincennes, et finalement exiler au château de Joux, en Franche-Comté, d’où il s’enfuit aux Provinces-Unies avec sa maîtresse, Marie Thérèse Sophie Richard de Ruffey, épouse du marquis de Monnier, président de la chambre des comptes de Dole. En 1776, dans sa fuite, il publie son Essai sur le despotisme qui dénonce l’arbitraire du pouvoir royal : « le despotisme n’est pas une forme de gouvernement (...) s’il en était ainsi, ce serait un brigandage criminel et contre lequel tous les hommes doivent se liguer.»

Mirabeau domine le club jusqu’en décembre 1790. A Paris, c’est Mirabeau qui, par son éloquence, exerce, au moins jusqu’en décembre 1790, la plus grande influence au club des Jacobins. Le 2 mars 1791, Lameth détruit son influence en l’accusant de collusion avec les « aristocrates ». Dès lors, c’est le triumvirat qui domine aux Jacobins.

 Mirabeau fut condamné à mort par contumace, puis extradé et emprisonné au château de Vincennes de 1777 à 1780. Il y écrivit des lettres, publiées après sa mort sous le titre de Lettres à Sophie, chef d’œuvre de la littérature passionnée ainsi qu’un virulent libelle contre l’arbitraire de la justice de son temps, "Des Lettres de cachet et des prisons d'État. Le 7 mai 1789, le journal publié depuis le 2 mai par Mirabeau (le Courrier de Provence) est saisi. Une interdiction de publier des comptes rendus des séances des États généraux est édictée. Mirabeau n’en tint pas compte et continua à publier le compte rendu des séances de l’Assemblée ainsi que les analyses sur les questions politiques à l’ordre du jour, d’abord sous le titre Lettres du comte Mirabeau à ses commettants du 10 mai au 25 juillet 1789, puis sous le titre Courrier de Provence, qui parut, encore après la mort de son fondateur, jusqu’au 30 septembre 1791. Le 9 Juillet 1789 il rédige une adresse au roi pour lui demander de retirer les troupes étrangères massées autour de Paris. Mirabeau sortit de Vincennes et se présenta en Provence aux élections des États généraux de 1789. Repoussé par la noblesse, il publia un discours véhément adressé aux nobles provençaux. Il est alors nommé par le Tiers état, à Aix et à Marseille. Il ne tarda pas à devenir l’un des plus énergiques orateurs de l’Assemblée nationale. La dégradation de la monarchie détermina son revirement politique, il était devenu le plus solide appui de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Il devint notamment le conseiller privé de Louis XVI, fonction pour laquelle il se fit rémunérer.

Il mourut à Paris, le 2 avril 1791 dans une grande affliction du peuple d'une maladie que certains attribuèrent àun empoisonnement, d'autres à la vie débauchée qu'il menait de son vivant. La rue où il mourut (rue de la Chaussée d'Antin) fut rebaptisée rue Mirabeau. Le 4 avril, après une cérémonie religieuse dans l'église Saint Eustache où l'abbé Cérutti prononça son oraison funèbre, son corps, transporté en grande pompe au Panthéon de Paris, y resta jusqu’au 12 septembre 1794 (26 fructidor an II). Mais la découverte de l’armoire de fer en novembre 1792 révéla qu’il avait pris clandestinement contact avec le roi et sa cour. Espérant être ministre de la monarchie constitutionnelle, il avait prodigué ses conseils et donné des informations. Un comité fut chargé d'examiner l'accusation. La Convention décida d'exclure sa dépouille du Panthéon. Elle y fut remplacée par celle de Marat. 

     * Sur Moses Mendelssohn, sur la réforme politique des juifs et en particulier sur la Révolution tentée en leur faveur en 1753 dans la Grande-Bretagne, Londres, 1787.


Publié dans XVIIIe Siècle

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