Opération Phoenix - 1969

Publié le par Socrates Philalethe

Le programme Phoenix (connu au Viêt Nam sous le nom de Kế Hoạch Phụng Hoàng) fut pendant la guerre du Viêt Nam une opération américaine secrète qui combinait le recueil de renseignements et la mise sur pied d’opérations contre-révolutionnaires lancées à partir de la fin de 1969. Il s’agissait de retourner les méthodes de contrôle de la population et de guérilla contre le Front national pour la libération du Viêt Nam dans le territoire de la République du Viêt Nam (Sud-Vietnam). Les officiels américains le définit comme un effort systématique de coordination du renseignement et de l'exploitation.1

Cette opération est très controversée à cause des méthodes radicales utilisées durant celle-ci.

Sommaire

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Origine [modifier]

A partir de 1965, les États-Unis avaient développés un réseau de renseignement qui couvrait tout le Sud-Viêtnam afin de lutter contre le terrorisme. Face à une efficacité très limitée, la CIA créa le programme Phoenix2.

Organisation [modifier]

À l'occasion de ce programme, les forces spéciales américaines et la CIAopérèrent en étroite collaboration avec les unités de reconnaissance provinciales (URP). Celles-ci étaient formées à partir d’unités telles que les forces MIKE (groupes de choc d’élite sud-vietnamien, qui avaient suivi l’entraînement desforces spéciales) et les Chieu Hoi qui rassemblaient les défecteurs du Viêt-Cong.

Les URP, corps de professionnels bien payés, furent sans doute les meilleures troupes indigènes jamais déployées en République du Viêt Nam.

Leurs conseillers sont aussi bien des membres des Special Forces de l’US Armyque des SEAL de l’US Navy.

Bras armé du programme Phoenix, les URP opéraient par groupes de 10 ou 20 hommes, commandés par des instructeurs américains. Ils menèrent à bien les missions les plus diverses : renseignement et reconnaissance, embuscades et raids contre les collecteurs d’impôts, enlèvements de responsables susceptibles de fournir des informations vitales et, au besoin, assassinats ou représailles.

Ce programme fut une réussite dans le delta du Mékong, en partie en raison de la présence des SEAL et des URP. Dans l’ensemble, de 1967 à 1971, l’infrastructure du Viêt-Cong au Sud Viêt Nam passa de 80 ou 100 000 personnes à moins de 2 000 et même à un millier selon certaines sources.

Le nombre de victimes de cette opération parmi lesquelles il y aurait eu des civils, serait selon les sources, de 20 000 à 40 000 personnes.

Controverses sur l'origine du programme [modifier]

Selon un entretien du colonel américain Carl Bernard avec la journaliste Marie-Monique Robin, c'est à partir d'un résumé du livre, non encore publié, du colonelRoger TrinquierLa guerre moderne, effectué par Paul Aussaresses et C. Bernard, que Robert Komer, un agent de la CIA qui deviendra l'un des conseillers du président Lyndon Johnson pour la guerre du Viêt-nam, « a conçu l'opération Phoénix, qui est en fait une copie de la bataille d'Alger appliquée à tout le Viêt-nam du Sud. (...) Pour cela, on retournait des prisonniers, puis on les mettait dans des commandos, dirigés par des agents de la CIA ou par des bérets verts, qui agissaient exactement comme l'escadron de la mort de Paul Aussaresses. »3

Selon William Colby,4 l'opération Phoénix ne commença qu'en 1969 et selon un article de Robert Kaiser dans le Washington Post, on n'a jamais pu trouver la moindre trace d'assassinats.

Publié dans XXe siècle

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