Pietro d’Abano (1250 - 1300)

Publié le par Socrates Philalethe

  Averroisme – Pietro d’Abano - 1300

 

Pietro d'Abano, né à Abano Terme près de Padoue, en Vénétie, en 1250 et mort en 1316, était un médecin, philosophe et astrologue italien du Moyen Âge. En latin : Petrus de Abano, en français : Pierre d'Abano.

Il est délicat de se faire une image précise, car les faits imaginés se mélangent aux faits historiques : sa légende a été créée par Jean Trithème, Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim, Symphorien Champier (1520), qui en ont fait un mage, ce qui ne semble pas objectivement exact.

Pierre d'Abano est né Pietro de Sclavione vers 1250 à Padoue, fils de Costanza de Sclavione. Il étudie la médecine et la philosophie à Padoue et à Paris, entre 1270 et 1285-1290. Il s'en fut ensuite à Constantinople, apprendre le grec. En 1295, à Paris, il écrit une Compilatio physiognomiae. En 1298 il a peut-être rencontre Raymond Lulle à Paris. Déjà, les dominicains du monastère Saint-Jacques de Paris l'accusent d'hérésie. Il s'établit en 1302 à Padoue, où il enseigne la philosophie, l'astrologie et la médecine. Il se fait une réputation comme médecin. Comme astrologue, il est accusé de pratiquer la magie. Une deuxième fois, en 1394, il est accusé, il passe en procès devant le tribunal de l'Inquisition (1304-1315) : l'accusation d'hérésie lui reproche de nier l'existence des démons et des esprits, de condamner (au point de nier le surnaturel) les pratiques d'astrologie cérémonielle et nécromantique fondée sur des images ou sur des amulettes, et enfin de soutenir que la repopulation de la Terre après le Déluge ne venait pas de l'action de Noé mais de phénomènes naturels.

D'autre part, Pierre d'Abano attribuait la mélancolie, non à l'oeuvre de démons, mais à la bile noire.

Ainsi, Pierre d'Abano apparaît moins comme un mage que comme un esprit rationnel. D'ailleurs, dans ses écrits, il expose et promeut le système philosophique d'Avicenne qui ne tient plus les planètes pour des esprits.

En astrologie, comme les auteurs arabes (Albumasar), il affirme un déterminisme astral, celui des grandes conjonctions de planètes qui expliqueraient l'apparition des religions : c'est certes astrologique, mais déterministe, en opposition avec la doctrine officielle de l'Eglise sur la liberté.

De 1303 à 1310 il affine son grand livre, Conciliator differentiarum philosophorum et medicorum, mais aussi Lucidator dubitabilium astrologiae et De motu octavae sphaerae.

En 1314 on le trouve comme enseignant, lecteur, à Trévise, payé par l'université de Padoue. En mai 1315, quand l'accusation inquisitoriale cesse, il fait une profession de foi et de conformité avec l'enseignement de l'Eglise. L'accusation d'hérésie ne fut pas suivie de condamnation, suite, semble-t-il à l'intervention de Jean XXII, pape de 1316 à 1334.

Il meurt en 1316.

Dans son Conciliator, il s'efforce de réaliser une synthèse des apports théoriques grecs et arabes à la médecine, tout en mettant l'accent sur certains faits moraux.

Certains historiens en font le fondateur de l'averroïsme padouan, c'est-à-dire d'un courant aristotélicien hostile à la scolastique, favorable à l'expérience.

 

 

 

Publié dans Moyen-Age

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