Sol Invictus (275)

Publié le par Socrates Philalethe

Sol Invictus

- Les Pontifes du Soleil - 

Sol Invictus, le Soleil Invaincu, est une divinité solaire apparue dans l'Empire romain au IIIe siècle. Elle reprend des aspects de la mythologie d'Apollon et du culte de Mithra, connaissant une grande popularité dans l'armée romaine.

À la suite de la crise du IIIe siècle, l'empire était au bord de la dislocation. L'empereur Aurélien (270-275), vainqueur de Zénobie et restaurateur de l'ordre, décida d'instaurer un culte commun à tout l'Empire afin de renforcer le lien commun entre les provinces : en effet chaque cité, chaque province, restait attachée aux cultes locaux, dont les rites et les formes pouvaient varier considérablement. Ce nouveau culte devait être pour cela suffisamment neutre pour être accepté par les différentes populations de l'empire romain.

Il choisit pour ce faire un culte solaire, le Soleil étant censé être universel, le culte de Sol Invictus, le Soleil Invaincu. Aurélien lui fit édifier à Rome un temple sur le Champ de Mars, créa un collège de Pontifes du Soleil, et fit du culte de Sol Invictus une sorte de religion de l'État (et non une religion d'État), se substituant au culte impérial tombé en désuétude. Cette initiative n'annonce pas, comme on a pu le dire, le monothéisme, car la nouvelle divinité, loin d'être exclusive des autres, se superposait simplement aux autres cultes, et reste fondamentalement polythéiste. La grande fête du Soleil Invaincu avait lieu le 25 décembre, soit la date du solstice d'hiver selon le calendrier julien : c'était le Dies Natalis Solis, « Jour de naissance du Soleil », christianisé par la suite en Occident (Natalis a donné Natale en italien, Noël en français).

Ce nouveau culte fut mal accueilli par les milieux conservateurs romains (tels que les rédacteurs de l'Histoire Auguste), attachés à la religion traditionnelle romaine et méfiants envers ce nouveau venu. Pour le discréditer, ils l'assimilèrent à Élagabal qui avait tant choqué sous le règne de Varius Avitus Bassianus, jeune grand prêtre de ce culte, devenu empereur et connu dans l'histoire sous le nom de cette divinité (« Élagabal » ou « Héliogabale »). Ce nouveau culte, construction intellectuelle savante à visée politique, présente en fait bien peu de points communs avec Élagabal, le culte local syrien original, entouré d'un folklore oriental (culte d'un bétyle, prostitution sacrée, transfert des reliques et statues les plus sacrées de Rome).

Cette religion du Soleil Invaincu s'adressait davantage aux militaires qu'aux civils, qui ne faisaient guère que suivre le mouvement, et elle fut, de fait, très répandue dans les milieux militaires. Si elle n'est pas particulièrement mise en avant par la propagande impériale de Dioclétien (284-305) et de la Tétrarchie (293-306), on voit qu'au début du IVe siècle elle était toujours vivace dans l'armée puisque l'empereur Constantin Ier (306-337), fervent adorateur de ce dieu, fera frapper sur les monnaies la légende « Soli Invicto Comiti », « Au Soleil Invaincu qui m'accompagne ». C'est lui qui, par une loi du 7 mars 321, fera du « Jour du Soleil » (c’est-à-dire le dimanche, le "sun-day" anglosaxon) le jour du repos hebdomadaire (Code Justinien 3.12.2).

 

 

Publié dans Pythagore

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