St Thomas d'Aquin - 1lchimiste ?

Publié le par Socrates Philalethe

Né en 1225 dans la famille des comtes d’Aquin, du royaume de Naples, il était cousin de Frédéric II, empereur d’Allemagne, roi de Sicile et de Jérusalem. Il est élevé à l'abbaye bénédictine du Mont-Cassin, Thomas choisit cependant, à 19 ans, d'entrer chez les Frères Prêcheurs, les Dominicains en particulier. Ce n'est guère du goût de sa famille, qui le fait enlever et enfermer. L'ordre dominicain est un ordre mendiant, fondé quelques années plus tôt, et il n'avait pas bonne presse dans l'aristocratie. Au bout d'un an, Thomas peut enfin suivre sa vocation.

 

On l'envoie à Paris pour y suivre les cours de la bouillonnante Université. Il a comme professeur saint Albert le Grand. Pour ce dernier, il faut faire confiance à la raison et à l'intelligence de l'homme pour chercher Dieu. Le philosophe le plus approprié à cette recherche est Aristote. Saint Thomas retient la leçon. Devenu professeur, il s'attelle à un gigantesque travail pour la mettre en oeuvre. Connaissant très bien Aristote et ses commentateurs, mais aussi la Bible et la tradition patristique chrétienne, il élabore une pensée originale, qu'il expose dans de multiples ouvrages, dont le plus connu est la "Somme Théologique".

 

Il lui sera entre autre demandé par le pape de soutenir la controverse contre Averroès, grand philosophe arabe pétrit de la philosophie d’Aristote. Le nœud du problème est la liberté : notion fondamentale du christianisme que réfute le dogme islamique soutenu par Averroès. Les bases de la foi chrétienne sont posées sur la liberté inaliénable de l’homme face à Dieu qu’il peut accepter ou rejeter librement, notion impensable pour le philosophe arabe.

 

Comme professeur, il soutient de véhémentes controverses avec beaucoup d'autres intellectuels chevronnés. Il voyage aussi à la demande des Papes. Mais c'est l'étude qui a toute sa faveur : à la possession de "Paris la grande ville", il dit préférer "le texte correct des homélies de saint Jean Chrysostome sur l'évangile de saint Matthieu. Il meurt sur la route, en chemin vers Lyon où il devait participer au grand concile de 1274. La paix entre les hommes est mieux garantie si chacun se trouve satisfait de ce qui lui appartient. Ce qui convient le mieux à l’homme par rapport aux biens extérieurs, c’est de s’en servir. Sous cet angle, toutefois, l’homme ne doit pas posséder ces biens comme s’ils lui étaient propres, mais comme étant à tous. Il doit donc être disposé à en faire part aux plus pauvres, suivant le conseil de saint Paul.

 

 En 1256, il reçoit la maîtrise de l’université de Paris, enseigne dans différentes villes d’Italie, puis à Paris de 1269 à 1271, où il habite le couvent de sa communauté. Il retourne ensuite à Naples pour y diriger les écoles.

 

Appelé en 1273 par le pape Grégoire X au concile réuni à Lyon dans le but de porter secours aux croisés de Jérusalem et de réunir les Eglises grecque et latine, il est pris en chemin d’un malaise et meurt dans l’abbaye cistercienne de Bossa Nuova, près de Terracine, le 7 mars 1274. Il n’avait pas atteint sa 50èmeannée. 

 

Thomas d’Aquin, surnommé le « Docteur angélique », a été considéré comme le plus grand théologien de l’Eglise d’Occident et comme l’un des philosophes les plus importants du Moyen-Age. Outre des ouvrages de théologie, de philosophie, de physique publiés de nombreuses fois en Europe, on lui a attribué un certain nombre de livres traitant de la philosophie hermétique, déclarés apocryphes. Beaucoup, tel Naudé, ont fulminé sur le supposé intérêt de d’Aquin à l’alchimie, surtout les penseurs et écrivains du XVIIIème siècle, cette pensée peut se résumer ainsi : « Il me déplait de concevoir Saint Thomas alchimiste, donc il n’a pas pu écrire d’œuvres alchimiques. »

 

Mais ce parti pris appartenait au XVIIIème siècle et était totalement ignorer au XIIIème siècle. Surtout qu’au Moyen-Age cette science n’a jamais été confondue avec une quelconque magie, pratique de la sorcellerie. La fameuse bulle Spondent pariter publiée par Jean XXII, lui-même alchimistes, ne s’adressait pas aux Fils de Science, mais aux « Souffleurs » qui dépensaient leur temps et leur fortune en fumée. Un passage de Thomas d’Aquin a été sujet à controverse :

 

 « Les alchimistes font quelque chose de semblable à l’or quant aux accidents extérieurs : pourtant ils ne font pas de l’or véritable : parce que la forme substantielle de l’or ne doit pas son existence à la chaleur du feu dont les alchimistes font usage, mais à la chaleur du soleil en un milieu déterminé où la vertu minérale est rigoureuse. »

 

 Naudé y voyait le combat de St Thomas contre la transmutation des métaux, mais ce texte ne dit pas que la transmutation est impossible, il affirme juste qu’elle ne peut se faire seulement qu’avec le feu vulgaire. Il semble mettre en garde contre les tentures employées dans certains procédés appelés particuliers. Loin de combattre le Grand Œuvre, il en comprend le principe fondamental qui est l’imitation de la nature. Ce passage plaide en faveur de ceux qui ont voulu reconnaître en lui l’auteur de traité d’alchimie.

 

N’oublions pas que l’Alchimie est l’ancêtre de la chimie avec la spiritualité en plus qui cherche scientifiquement à comprendre la nature par la raison.

Ainsi les livres alchimistes attribués à d’Aquin sont Theatrum Chemicum avec dans le tome III deux traités groupés sous le titre Secreta Alchemiae ( les secrets de l’alchimie) ont été traduits en français et publiés pour la première fois par Paul Chacornac en 1898, le premier De Lapide Philosophico, a donné son titre à l’ouvrage traité de la pierre philosophale, puis Thesaurus Alchimiae ( le trésor d’alchimie), un 3ème traité Liber Lilii benedicti ( le livre du lis bénis).


Publié dans XIIIe Siècle

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